De quoi Simon & Schuster discute donc avec Amazon ?

Nicolas Gary - 16.07.2014

Edition - Economie - Simon Schuster - Amazon Bezos - négociations vidéo


Il fallait bien s'attendre à ce que Hachette Book Group ne soit pas le seul éditeur à avoir quelques vives discussions avec Amazon. Manifestement, Simon & Schuster est aussi autour d'une autre table, a confirmé Leslie Moonves, PDG de la maison-mère, CBS Corp, à l'occasion de la conférence  Fortune Brainstorm Tech, qui se déroulait à Aspen, dans le Colorado. 

 

Frankfurt Book Fair 2013

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

« Nous sommes en négociations avec Amazon, au moment où nous parlons », a-t-il assuré. Et d'ajouter qu'il avait rencontré personnellement le PDG de la firme, Jeff Bezos, rapportant qu'Amazon « a un point de vue sur ce qui devrait être fait dans l'industrie du livre ». Que peut-il bien se passer ? 

 

Après une brève vérification, il semble que les livres papier de S&S subissent le même sort que les ouvrages de Hachette Book Group : délais de livraison extrêmement longs et aucune remise. Mais ce ne sont que quelques exemples qui ne font pas une généralité. Sauf que Moonves, dans sa vidéo, assure que les idées de Jeff sur l'édition « vont être quelque chose de très intéressant à observer ».

 

Il parle également de solutions qui pourraient être mises en place parce que de nouveaux commerces se développent - notamment celui de la vidéo. « Nous pourrions produire des shows pour Amazon et pour Netflix. Nous prévoyons des projets pour un futur heureux. » Et selon Moonves, les deux firmes font des choses très intéressantes pour les producteurs de contenus. 

 

Probablement est-ce plus là une position qui intéresse CBS Corp. Selon le Wall Street Journal, souvent bien informé, la nature même des négociations n'est pas claire, et aucune des deux sociétés n'a fait de commentaires. Aux États-Unis, le groupe S&S est plus important que Hachette Book Group en termes de volume de production. Selon l'agence Reuters, le fond des discussions concernerait cependant bien les partages de revenus sur les ventes de livres numériques. 

 

Le Digital Reader émet l'hypothèse que l'on puisse parler de rachat, considérant que Simon & Schuster est le plus petit des Cinq groupes américains - le fameux Big Five. Classé en 27e position dans le classement 2012, derrière HarperCollins 20e et Hachette Book Group, 5e, l'idée semble folle, effectivement, mais pas complètement stupide. 

 

Or, CBS Corp réalisait 15 milliards $ de chiffre d'affaires en 2013, contre 800 millions $ pour Simon & Schuster, sa filiale éditoriale exclusive. Amazon, jusqu'à présent, n'a pas racheté de créateurs de contenus : Goodreads, le réseau social du livre américain, n'était qu'un agrégateur d'informations. De même, comiXology ou d'autres, entrés dans le portefeuille de la firme n'ont jamais été positionnés dans la fabrication de produits, plutôt dans la catégorie tuyaux. 

 

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