Jeff Bezos donne des leçons de savoir vivre politique à Donald Trump

Orianne Vialo - 19.05.2016

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Dans une apparition sur la chaîne télévisée américaine Fox News jeudi dernier, Donald Trump avait déclaré qu’il était impossible de faire confiance à Amazon, car l’entreprise n’honorait pas ses engagements, et ne payait pas ses impôts. Le magnat de l’immobilier a également soutenu que Jeff Bezos, le grand patron d’Amazon, manipulait le journal The Washington Post comme un jouet (racheté en 2013 par Jeff Bezos pour la somme de 250 millions $). Des critiques auxquelles le principal intéressé s’est empressé de répondre.

 

(Steve Jurvetson, Damien Connor / CC BY 2.0)

 

 

Dans une interview de 7 minutes publiée par le Washington Post, Jeff Bezos déclarait : « Les attaques de Trump ne sont pas une conduite appropriée pour un candidat à la présidence. »

 

En réponse à l’accusation de Trump, selon laquelle Jeff Bezos « utilise le Washington Post en tant que force afin que les politiciens de Washington ne taxent pas Amazon comme il devrait être taxé. Ils utilisent ce journal comme outil qui viendrait saper mon pouvoir politique, et ceux d’autres personnes dans mon cas et, je vais vous dire, nous ne pouvons pas le laisser s’en sortir », Jeff Bezos a répondu : « Les positions politiques que nous prenons sont tournées vers nos activités, et je pense que c’est très approprié. »

 

Ce n’est pas la première fois que Trump profère des menaces à l’encontre de Jeff Bezos et de son entreprise. Lors d’un passage au Texas le 26 février dernier, Donald Trump avait annoncé : « Je respecte Jeff Bezos, mais il a acheté le Washington Post pour exercer une influence politique. Et je dois vous dire, notre pays est devenu différent de celui que nous connaissions. En effet, oui... Il est propriétaire d’Amazon. Il veut avoir une influence politique pour qu’Amazon puisse en bénéficier. Ce n’est pas juste. Et croyez-moi : si je deviens président, oh, oui, ils vont avoir des problèmes. Ils vont avoir de gros problèmes. »

 

Le candidat en lice pour la présidence a également promis de rouvrir toutes les législations sur la diffamation, de façon à poursuivre tous ceux qui écrivent des articles négatifs sur lui. 

 

Bezos, personnalité appréciée, contrairement à Trump

 

Si Trump en veut tant à Jeff Bezos, c’est notamment parce que le patron d’Amazon a des connexions avec la Maison-Blanche. En 2013, Barack Obama avait fait un discours en faveur du géant de la vente en ligne lors d’une visite à Chattanooga (Tennessee) : « J’ai parlé avec Jeff Bezos hier, et il était extrêmement fier de ce que chaque employé d’Amazon souhaite améliorer ses compétences et s’enrichir. Et s’ils ont un rêve qu’ils veulent poursuivre, Amazon veut les aider à le faire. » 

 

Cependant, certaines personnalités à l’image de J.K. Rowling voient en Trump une figure essentielle au respect de la liberté d’expression. Le 16 mai dernier, l’auteure de la saga Harry Potter s’est exprimée au sujet de l’importance de la liberté d’expression lors du Gala littéraire du PEN (où elle a reçu un prix honorant ses services rendus à la littérature). D’après elle, « tout ce que dit Donald Trump ou presque me paraît discutable. Je le trouve grossier et bigot, mais il a tout mon soutien pour venir dans mon pays insulter et condamner. Sa liberté de parole garantit ma liberté de le traiter de bigot. Sa liberté garantit la mienne ».

 

Et de poursuivre : « Si le fait que je sois choquée justifie une interdiction de séjour pour Donald Trump, je ne peux pas moralement défendre ceux qui luttent pour les droits des femmes ou des personnes transgenres face aux personnes qui les menacent pour ces combats. »

 

Ci-dessous la vidéo dans laquelle Jeff Bezos répond aux accusations de Donald Trump : 

 

 

(via The Washington Post)