Jeff Bezos en Italie : “Notre secret, plaire aux clients, être obsédés par les clients”

Cécile Mazin - 25.07.2016

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Si la compagnie américaine a rencontré quelques petits problèmes de management en Italie, tout semble rentré dans l’ordre pour Amazon. Pour preuve, le grand patron, Jeff Bezos répond aux questions de La Repubblica. Une des rares interventions du PDG de la firme dans la presse. Au menu, innovation, internet, vente, livres et politique, tout un poème...

 

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William Warby, CC BY 2.0

 

 

Ce sont l’ouverture d’un centre logistique à Rome et d’un laboratoire de recherche à Turin autour de l’intelligence artificielle, qui ont fait se déplacer Bezos. La ville dispose d’une université d’excellence assure-t-il, ce qui lui permet de puiser dans un vivier de chercheurs. Et de se rapprocher de Milan, capitale de l’édition en Italie.

 

Intelligence artificielle, parce que « nous sommes au début d’un âge d’or », assure-t-il. Des ordinateurs qui pensent comme des hommes, voici le grand projet de la littérature de science-fiction qui se profile. Mais pas simplement : des voitures sans conducteur, de la médecine et bien d’autres choses. 

 

Détenteur du Washington Post, à titre personnel, Jeff Bezos pose également sur la presse un regard optimiste, mais surtout des modèles économiques diversifiés. La croissance numérique compte parmi les perspectives qu’il compte développer pour son média. Mais le modèle doit être sain avant tout : le système qui a prévalu jusqu’à lors doit être maintenu.

 

Bezos a aussi les yeux tournés vers l’espace avec son projet Blue Origin, qui fait la course à l’espace. Mais le cœur de son activité reste Amazon : fondée en 94, la société dispose de 150.000 employés et a généré plus de 100 milliards de chiffre d’affaires en 2015. « Je me souviens quand je conduisais chaque matin pour amener les paquets à envoyer au bureau de poste, en espérant qu’un jour, je pourrais me permettre d’acheter un chariot pour tous les charger », évoque Bezos. 

 

Amazon, c’est le client avant tout. « Ce que nous faisons est motivé par la technologie. Si je devais choisir une définition, je dirais que c’est une entreprise customer, au service des clients. La première raison de notre réussite, avec le temps, c’est que nous sommes obsédés par nos clients. Les concurrents travaillent dur pour leur plaire : c’est de là que vient notre énergie, et non des combats avec les concurrents. C’est notre secret. »

 

Le culte de la réussite, par le silence

 

De même, la société cultive un certain sens de la formulation : pas de PowerPoint, par exemple. « Oui, vous devez écrire des phrases complètes avec des verbes, des noms, des sujets et des paragraphes. Le problème des présentations, c’est qu’elles sont faciles pour l’auteur, parce qu’il suffit d’aligner une série de points, mais complexes pour l’auditeur. » Écrire, lire en silence avant les réunions, et ensuite discuter...

 

Mais au fond, la force de l’entreprise réside dans l’innovation : que ce soit avec le Kindle, en 97, ou les services de cloud computing aujourd’hui, tous les secteurs peuvent être pris en considération. Et puis, ces réussites garantissent le financement des échecs que la société peut rencontrer. « Il y en a eu un très grand nombre », garantit Bezos. 

 

Quant au marché italien, c’est un territoire à investir : « Nous avons déployé 500 millions € », depuis l’arrivée en 2010. L’un de ses anciens cadres supérieurs sera prochainement conseiller du gouvernement pour l’innovation, Diego Piacentini, et il n’est pas exclu qu’il revienne par la suite. « Votre Premier ministre [Matteo Renzi, NdR] est très intéressé par la manière dont la technologie peut aider à améliorer la société, comment la numérisation du pays peut influer sur l’augmentation de la productivité, ou l’innovation dans l’administration publique. »

 

Quant à Trump, de l’autre côté de l’Atlantique, c’est une autre paire de manches. « La raison fondamentale des lois est que les gens croient en eux, sinon cela n’aurait aucun sens. Si l’on croit en la liberté d’expression, spécialement quand candidat, on a le devoir de la respecter et de dire : “Venez me voir, je suis à votre disposition, demandez-moi tout.” », déclare Bezos sur le candidat à la présidentielle.

 

via La Repubblica