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Jeff Bezos se soumet finalement à la justice américaine

Clément Solym - 16.06.2020

Edition - Justice - Jeff Bezos Amazon - antitrust enquête marketplace - Amazon marketplace Bezos


L’étau se resserre, et le directeur général d’Amazon n’aurait plus d’autre solution. Jeff Bezos, sollicité par une commission d’enquête du Congrès américain, finira par se présenter à l’audience. Dans un premier temps, la firme avait préféré envoyer un cadre dirigeant, plus en mesure de répondre aux questions des parlementaires…


 

Homme le plus riche du monde, l’empire de Jeff Bezos ne s’est pas bâti en vendant des cookies en porte-à-porte. Aujourd’hui, la question posée concerne les données que l’entreprise collecte à partir des ventes réalisées sur la marketplace. Logiquement, ces informations sont confidentielles et Amazon a interdiction de s’en servir. Sauf qu’un article du New York Times début mai indiquait clairement que la société ne s’était pas privée.
 
Sollicité officiellement par la Chambre, dans le cadre d’une enquête antitrust, Bezos avait fait savoir qu’il ne viendrait pas. Un de ses cadres suffirait amplement. Mais le groupe supervisant l’enquête a fini par menacer le grand patron d’une assignation — le cadre était (dé) posé.

Il s’agira là de la première comparution de Jeff Bezos devant le Congrès, alors que tous les autres dirigeants des GAFA ont déjà eu à se présenter. Et aucun n’aura autant traîné les pieds que Jeff.

Ce revirement, on le découvre dans une lettre envoyée par le cabinet d’avocats Covington & Burling qui représente Amazon. Elle assure que la firme « est déterminée à coopérer » et mettra « le responsable approprié à disposition pour ce témoignage ». 

Trop vague ? Non point : « Cela inclut la disponibilité de Jeff Bezos à l’occasion d’une audience avec d’autres CEO, cet été. » Diffusée par le New York Times, cette missive intervient alors que la Commission européenne doit rendre ses conclusions dans une enquête antitrust qui touche également aux données de la marketplace. 

Et qu’outre l’enquête fédérale, deux États, la Californie et Washington, ont également lancé des investigations — manifestement peu poussées pour l’heure — sur les possibles violations des lois sur la concurrence

Reste que l’avocat de Bezos, Robert K. Kelner, assure de toute la bonne volonté de son client, mais que cela impliquait la résolution de quelques menus détails d’agenda, d’une part. Et d’autre part, les documents internes que le comité réclame pour examiner les pratiques plus précisément. 

Or, personne n’a pu passer à côté : si Bezos se présente durant l’été, c’est aux côtés d’autres CEO des GAFA — et plusieurs font l’objet d’enquêtes sur le respect des règles de la concurrence. À l’automne 2019, des membres du Congrès ont demandé aux quatre entreprises de fournir des documents spécifiques, incluant des communications entre les dirigeants eux-mêmes.

En somme, la période estivale pourrait impliquer quelques tensions dans les rangs des GAFA, et plus spécifiquement chez Amazon. Rappelons qu’en fonction des conclusions de l’enquête européenne, ce sont 28 milliards $ d’amende que Jeff Bezos se verrait infliger. Il faudrait pour cela que le double rôle, vendeur pour des tiers et vendeur de ses propres produits, ait fait l’objet d’une collusion. 

Une perspective qui ne manquerait pas d’alimenter les interrogations des parlementaires américains.



photo : 1778011, CC 0 - Congrès américain


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