Jennifer Grant et son incroyable père Cary...

Clément Solym - 28.04.2011

Edition - Les maisons - cary - grant - pere


Jennifer Grant écrit sur son blog que, pour gagner au Monopoly, il faut être impitoyable. Elle aurait pu ajouter qu'il faut être féroce pour vendre un livre à la gloire de son père. Elle n'hésite pas à relancer des rumeurs sur la sexualité de Cary Grant, quelques jours avant la parution de ses mémoires (, Alfred A. Knopf) !

Née en 1966, Jen Grant à quarante-cinq ans. Diplômée en histoire, actrice et mère de famille, elle part à la recherche du temps perdu, pour réécrire les vingt années qu'elle passa avec son père. Archibald Alexander Leach, connu sous son pseudonyme de Cary Grant (1904-1986) a eu cinq épouses et une seule fille, à soixante-deux ans.

Une autobiographie

En cent quatre-vingt-douze pages, elle redescend dans les profondeurs du moi pour revivre les souvenirs de sa lointaine enfance. Période qui aurait pu être difficile, car ses parents étaient séparés. Sa mère Dyan Cannon, la quatrième épouse de Cary Grant, se plaignait d'avoir été battue par son mari, comme Virginia Cherrill avant elle. Le roman est pourtant décrit comme « un portrait enchanteur de la relation profonde et d'amour entre une fille et son père. » Le temps aurait embelli le vécu dans la mémoire de Jen : « J'ai toujours pensé que mes parents s'étaient réunis pour moi. »

Jennifer intègre à son récit des photographies, la correspondance qu'elle eût avec son père, ainsi que des comptes-rendus de conversations dont elle gardait l'enregistrement, l'acteur immortalisant les moments passés avec sa fille avec un magnétophone. Il lui aurait parlé d'amour, d'argent et de savoir-vivre : « Mon père n'était pas dépensier. Ce qui, pour un homme riche, est remarquable. »

Le livre de Jen ne répond cependant pas à toutes les questions sur Cary Grant

Selon Wikipedia, Cary Grant aurait peut-être travaillé pour les services de renseignement. Mais les archives ne sont pas encore accessibles, et le livre de Jennifer n'y fait pas allusion.

L'acteur aurait vécu une dizaine d'années avec l'acteur Randolph Scott. Et Jennifer hésite un peu sur la bisexualité de son père : « Il ne pouvait pas en vouloir aux hommes de le désirer. Papa flirtait parfois gentiment en retour ! Papa aimait bien qu'on pense qu'il était gay. Il disait que ça donnait encore plus envie aux femmes de prouver que cette affirmation était fausse. »

Renommée aux cent bouches

Jen est candide et affectueuse. Elle raconte des faits, des impressions, son attachement pour son père : « D'accord, j'ai eu le béguin pour papa. Bon, plus qu'un petit faible pour papa. » D'ailleurs, elle a gardé le pseudonyme de l'acteur. Si elle prétend que la célébrité de Cary Grant l'a « mal préparée aux réalités du monde », Jennifer aura pourtant profité du nom de son père pour faire une carrière d'actrice et d'écrivain. Avec esprit et fidélité, mais aussi avec la complicité des médias.