Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Jérusalem, la ville aux spectres vivants d'Alan Moore

Béatrice Courau - 23.06.2017

Edition - Les maisons - Jérusalem Alan Moore - traduction Moore Claro - roman Jerusalem Moore


Dans la vie d’Alan Moore, ce fut une aventure : Jérusalem, le second roman, et pharaonique, est sortie en 2016 dans sa version originale, après 10 années d'écriture. Et c’est en France grâce aux éditions Inculte que l’ouvrage nous parviendra. Claro a réalisé la traduction de cette somme – en moins de 10 ans, heureusement pour nous. Spectaculaire et ogresque, du haut de ses 1280 pages.



© Rafael Levy

 

Et le récit est bien vertigineux : celui d'une ville devenue le centre du monde pour ce monument de bravoure littéraire, un banquet gigantesque où seraient conviés Salman Rushdie, Dickens, Samuel Beckett et Harry Potter... Après quelques heures de lecture, on a le sentiment de découvrir une ville-monstre qui accouche de no-life, une acuité à l’infime déroutante : c’est gargantuesque et nanoscopique, déroutant et fascinant. 

« J’ai passé dix ans à écrire Jérusalem, en accordant un soin extrême au langage, à ses variations et son évolution au fil du temps et des époques. Très vite le besoin de changer de styles s’est imposé. Ecrire à la manière de Joyce, de Beckett ou d’une Enid Blyton sous acide s’est imposé pour ne pas sombrer dans l’ennui et la monotonie. », assurait Alan Moore.

 

Désormais, on va en avoir la preuve : l’auteur né en 1953 à Northampton, en Grande-Bretagne, est scénariste de bande dessinée (Watchmen, V pour Vendetta et From Hell) et écrivain. Ses influences très diverses comptent des auteurs comme William S. Burroughs, Thomas Pynchon, Iain Sinclair, Michael Moorcock et H.P. Lovecraft. Anarchiste, il se présente comme magicien et adorateur de la divinité Glycon. 
 

 Alan Moore a choisi la lettre d’un fan de 9 ans pour la couverture de Jerusalem 


Et si une ville était la somme de toutes les villes qu’elle a été depuis sa fondation, avec en prime, errant parmi ses ruelles, cachés sous les porches de ses églises, ivres morts ou défoncés derrière ses bars, les spectres inquiets ayant pris part à sa chute et son déclin ? Il semblerait que toute une humanité déchue se soit donné rendez-vous dans le monumental roman d’Alan Moore, dont le titre – Jérusalem – devrait suffire à convaincre le lecteur qu’il a pour décor un Northampton plus grand et moins quotidien que celui où vit l’auteur. 


Alan Moore Jerusalem Claro inculte
 

Alan Moore a conçu un récit-monde où le moindre geste, la moindre pensée, laissent une trace vivante, une empreinte mobile que chacun peut percevoir à mesure que les temps semblent se convulser. Il transforme la ville de Northampton en creuset originel, dans lequel il plonge les brûlants destins de ses nombreux personnages. 

Roman de la démesure et du cruellement humain, Jérusalem est une expérience chamanique au cœur de nos mémoires et de nos aspirations. Entre la gloire et la boue coule une voix protéiforme, celle du barde Moore, au plus haut de son art. 
 

Et pour battre la campagne, Inculte a prévu une projection, commune à plusieurs librairies, de trois séquences d’interview d’Alan Moore de 10 min chacune, avec, entre chaque séquence, l’intervention de Claro. La projection sera accompagnée d’une vente d’exemplaires de Jérusalem en édition limitée signés par l’auteur. 

 

Et pour boucler la boucle, un reportage, Dans la tête d’Alan Moore, documentaire est produit par AllSo/Arte Creative, et sera diffusé à partir du mois d'août, sur Arte Creative. Seront mis à disposition des extraits des entretiens avec Alan Moore à Northampton – de 3 à 6 extraits d'une dizaine de minutes, selon les demandes des librairies
 


 

(à paraître) Jerusalem — Alan Moore, traduction par Claro — 9 791 095 086 444  — Editions Inculte – 28,90 € - tirage initial à 12.000 exemplaires.

 

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