Jesus de Nazareth, le retour : de l'innocence des juifs

Clément Solym - 04.03.2011

Edition - Société - pape - jésus - nazareth


Déjà en 1965, le Vatican annonçait, dans la déclaration Nostra Aetate, que le peuple juif n’était pas collectivement responsable de la mort du christ, toutefois cette idée demeurait et servait de justification pour perpétuer l’antisémitisme. C’est sans doute pourquoi le pape Benoît XVI a cru bon de réitérer cette affirmation dans le second tome de son livre : Jésus de Nazareth, à paraître dans le courant du mois.

Le livre ne sortira que le 10 mars, dans sept pays dont la France (aux éditions du Rocher) mais déjà des extraits ont été publiés, dans lesquels le pape expliquerait, selon La Croix, que lorsque l’évangéliste Jean a dit «les juifs », l’expression « n’indique en aucune manière le peuple d’Israël comme tel, et elle a encore moins un caractère raciste » et désignerait uniquement les « aristocrates du peuple ».

Le choix de publier ces extraits est bienvenu, alors que s’achevait hier à Paris la 21ème rencontre du comité international de liaison Juif-catholique. Les deux religions cherchent à pérenniser un dialogue ouvert et préserver des relations cordiales.

Ainsi, l’analyse du pape est saluée par l’état d’Israël et selon Romandie News, le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu aurait lui-même écrit à Benoît XVI : « Je vous félicite pour avoir rejeté avec force, dans votre nouveau livre, la fausse accusation qui a servi de base à la haine du peuple juif pendant des siècles ».

Le livre papal, en sus d’une diminution de l’antisémitisme, pourrait donc rapprocher Israël et le Vatican, dont les relations étaient plutôt fraîches jusqu’ici. Il faut savoir que l’Etat d’Israël n'a été reconnu par le Vatican qu'en 1993, alors qu’il l’était depuis 1948 par la communauté internationale ; s’en est suivi plusieurs brouilles, notamment concernant les « droits juridiques et patrimoniaux des congrégations catholiques en Terre sainte. »

Ainsi, quand Galliano se fait virer de chez Dior pour antisémitisme, le pape lui fait des efforts et petit à petit il reconnait les réalités contemporaines : hier en réitérant ses propos contre le préservatif (notre actualitté), aujourd’hui en dédouanant le peuple juif de la mort du christ.