Jeudi, la manifestation pour Porte et Guillon, devant Radio France

Clément Solym - 28.06.2010

Edition - Société - manifestation - soutien - porte


Alors, non, les deux auteurs et chroniqueurs ne sont pas détenus dans des geôles infâmes par des bourreaux sans coeur... Aucune menace de mort ne pèse ni sur eux ni sur leur famille.. À vrai dire, leur enthousiasme et leurs impertinences semblent être les plus grands vices qu'on leur connaisse...

Mais pour France Inter, ça ne le faisait pas. Du tout. Voilà pourquoi l'intersyndicale de Radio France a appelé à une grève et une manifestation, sollicitant tout à la fois personnel et auditeurs, en leur donnant rendez-vous le 1er juillet devant la Maison de la Radio, pour témoigner de leur soutien à Stéphane Guillon et Didier Porte.

« Nous refusons la main mise du pouvoir sur les antennes de la radio publique », annoncent-ils, doublé d'un commentaire tranchant par lequel ils « exigent le respect et la garantie d'expression, de l'indépendance des programmes et de l'information sur les radios de service public ». Car au-delà de la carrière de l'un ou l'autre, c'est également la vague de changement dans les programmes qui aura frappé les uns et les autres. Si Radio France peut changer les grilles comme elle le souhaite, l'absence complète d'explications est floue, surtout pour des émissions qui rencontraient un franc succès.

Dans un courrier de Philippe Val, dont nous nous sommes procuré copie, le patron s'adresse aux collaborateurs de la radio, on peut lire ces paroles, dures :
À notre demande, je pense indiscutable, de ne pas utiliser l’antenne a des fins de règlements de comptes personnels, notamment entre collaborateurs dans le cas de Stéphane Guillon avec Stéphane Bern, il a été répondu par une surenchère d’instrumentalisations de la chaîne. Déloyauté constante, rupture répétée de la confiance, insulte récurrente contre la direction éclaboussant toute la chaîne et le groupe Radio France : tout cela est inacceptable.

Quelle autre maison tolérerait une telle attitude de la part de collaborateurs par ailleurs traités avec la plus grande patience ? Nous leur avons laissé leur chance jusqu’au bout. Mais devant la montée en puissance de ce chantage démagogique que ne justifiait aucune menace, étranger à l’esprit même du service public, et qu’aucun rappel des simples faits n’a pu endiguer, Jean-Luc Hees et moi-même avons pris la décision de ne pas renouveler leur contrat.

Depuis quand les règlements de compte personnels ont-ils leur place dans le cahier des charges d’une antenne de service public ? Ce n’est nullement une question politique, c’est une question de principe.

Pour se prouver que l’antenne reste libre et indépendante, il suffit de l’écouter.