Jin Yong, le “Tolkien de la Chine”, est décédé

Antoine Oury - 02.11.2018

Edition - International - Jin Yong Chine - Louis Cha Chine - chine tolkien


L'écrivain chinois Jin Yong, Louis Cha de son vrai nom, est décédé à l'âge de 94 ans ce mardi 30 octobre 2018. Les comparaisons entre auteurs ont leurs limites, mais le qualificatif de « Tolkien de la Chine » donne une idée de la popularité des romans de Yong, des wuxia qui mettent en scène des adeptes du kung-fu dans la Chine ancienne.


Statue de Jin Yong par 浙江省舟山市普陀区桃花岛旅游管委会,
sur l'île de Taohua, province de Zhejiang (Clestur, CC BY-SA 3.0)
 

Jin Yong est décédé après une longue maladie, rapportent les médias de Hong Kong, laissant derrière lui des millions de lecteurs et des dizaines de livres publiés. Ces mêmes livres, extrêmement populaires en Chine, à Taïwan ou à Hong Kong, ont donné lieu à des adaptations en jeux vidéo, séries, films, bandes dessinées et même spectacles.

 

La plupart des ouvrages de Yong ont été écrits entre 1950 et 1970, et, à partir de 1972, il se consacre essentiellement à leur édition — la plupart de ses textes ont d'abord été publiés en feuilleton — et à leur correction. Parallèlement à sa carrière d'écrivain, Louis Cha, véritable nom de Jin Yong, fut journaliste, et participa même à la création de Ming Pao, quotidien de Hong Kong.

 

Né en Chine le 10 mars 1924 dans la province de Zhejiang, au sein d'une famille lettrée, Louis Cha s'oriente vers le journalisme après avoir pendant un temps envisagé une carrière de diplomate. En 1947, après des débuts à Shanghai, il déménage à Hong Kong, qui deviendra son lieu de résidence toute sa vie.

 

Les manifestations de tristesse et de respect se sont multipliées, en Chine : sur le réseau social Weibo, 1,3 million de messages commémorant la mémoire de l'écrivain ont été postés, tandis que des habitants de la ville de Xiangyang, au centre la Chine, ont organisé une veillée, munis de cierges. Dans les médias, la disparition de Jin Yong a occupé des pages entières, des journaux le désignant comme « le plus important conteur chinois des 300 dernières années ».

 

Censurées à Taïwan et en Chine pendant plusieurs décennies, les oeuvres de Jin Yong s'échangeaient alors dans des versions pirates. L'auteur a défendu pendant des années l'absence de toute intention politique dans ses récits, avant d'admettre en 2014, auprès du New Yorker, que la Secte du Dragon Mystique, une organisation présentée comme néfaste dans ses romans, faisait référence au Parti communiste chinois.

Le propre père de Cha, considéré comme un ennemi de la révolution, avait été exécuté par le parti.

 

En 2004, Louis Cha avait été fait Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.


via The Guardian, New Yorker


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