JK Rowling finance une campagne contre l'indépendance de l'Ecosse

Julien Helmlinger - 11.06.2014

Edition - International - JK Rowling - Ecosse - Politique


L'indépendance de l'Écosse aurait une double conséquence pour la romancière et résidente d'Édimbourg JK Rowling : d'abord, elle est très attachée à sa terre, et redoute que le pays ne puisse faire face à un monde globalisé. De l'autre côté, cela entraînerait une hausse du prix des livres, puisque la TVA passerait alors de 0 % à quelque 20 %. Deux bonnes raisons justifiant qu'elle offre 1 million £ au mouvement contre l'indépendance baptisé Better Together ? Sur sa page officielle, elle soutient avoir « abordé la question de l'indépendance avec un esprit ouvert et consciente du caractère sérieux de ce que nous sommes appelés à décider ».

 

 

 

 

Dans sa déclaration, l'écrivaine confie que si elle est réfractaire à cette idée d'indépendance ce n'est pas par manque de croyance en les aboutissements réalisés par sa patrie et les personnalités qui la composent. La mémoire de William Wallace et autres figures historiques ne devraient donc pas prendre ombrage de sa position politique, mais Rowling souligne que désormais « l'Écosse est soumise aux mêmes pressions du 21e siècle que le reste du monde ». Elle pointe notamment les difficultés économiques de sortie de crise et la menace de la concurrence sur les marchés mondiaux pour se justifier.

 

« Plus j'écoute les arguments de campagne en faveur du oui, et plus je m'inquiète de la minimisation et même du déni des risques », ajoute l'écrivaine. Elle note notamment la dépendance pétrolière à laquelle devrait faire face l'Écosse en cas d'indépendance, le fait de devoir définir une monnaie d'usage ainsi que la position du pays dans l'Union européenne, autant de questions légitimes qu'elle trouve etouffées par des accusations d'« alarmisme » quand les chiffres invoqués dans un camp comme dans l'autre se contredisent si bien qu'il « devient difficile de savoir qui l'on doit croire ».

 

Elle met en doute la possibilité pour une Écosse indépendante de pouvoir encore compter sur le soutien de ses alliés britanniques après les avoir quittés, alors que ces derniers auront également à subir les conséquences du référendum sans avoir été invités à s'y exprimer. « Si nous partons, cependant, il n'y aura pas de marche arrière, cette séparation ne sera pas rapide et propre : cela nécessitera de la microchirurgie pour démêler trois siècles d'étroite interdépendance, après quoi nous aurons à faire face à trois voisins amers. »

 

Même avec ce généreux soutien d'un million £, la campagne pour le «non» reste plus pauvre que sa rivale, celle des nationalistes intitulée Yes Scotland, qui a récolté plus de 3,5 millions. En conséquence de quoi Better Together assure que l'argent offert par l'écrivaine sera utilisé à bon escient, mais que l'appel aux dons reste d'actualité. Mais comme le disait si bien Raffarin, dans la langue de Shakespeare au sujet d'un autre référendum, « the yes needs the no to win, against the no » et vice versa ?