JM Messier débouté de son attaque contre un pamphlet

Clément Solym - 23.09.2011

Edition - Justice - messier - bandits - finance


La plainte déposée par Jean-Marie Messier n'aura pas fait plus d'effet que cela : le tribunal correctionnel de Paris a finalement débouté l'ancien PDG de Vivendi, ajoutant à cette déconfiture, le versement de 5000 € de dommages-intérêts...

Jean Montaldo, et son éditeur Albin Michel avaient été attaqués en août 2009, suite à la publication du livre Lettre ouverte aux bandits de la finance. C'est que Messier en prenait largement pour son grade dans cette histoire, affublé de bon nombre de jolis surnoms : « cireur de pompes », « fossoyeur » voire « paon mégalomane »...


Le journaliste pointait même des falsifications de comptes, ou des indemnités de départ qui frôlaient le scandale... Mais voilà, le verdict du tribunal est sans appel : l'ouvrage s'inscrit dans la lignée des pamphlets, et à ce titre, il est autorisé à faire usage d'un « liberté de ton accrue, dont les limites admissibles sont d'autant plus élargies que les propos portent sur un sujet d'intérêt général et sur un personnage public, concerné par l'actualité médiatique », pointe l'AFP.

Et comme, a reconnu le tribunal, le ton de Montaldo est assez mesuré, et qu'il n'enfreint pas les limites de la liberté d'expression, le juge lui a accordé le bénéfice du doute...


Or, comme Messier a saisi abusivement, et témérairement, le tribunal, le voici qui tombe à son tour sous le coup de la loi. En effet, « une telle témérité est caractérisée, dès lors que (...) ce pamphlet revendiqué comme tel se fondait sur une base sérieuse et que, personnage public venant de publier un livre sur la crise, Jean-Marie Messier pouvait s'attendre à être critiqué ».

Bilan des courses 5000 € contre Messier.

Appel en cours...

Rappelons, pour rester dans le domaine juridique, que ledit M. Messier, suite à sa démission de Vivendi Universal, en juillet 2002, avait été poursuivi en justice, pour Abus de bien social, entre autres, et qu'en janvier dernier, il avait écopé de trois années avec sursis, ainsi que 150.000 € d'amendes. Parmi les autres chefs d'accusation, « diffusions d'informations fausses ou trompeuses », « manipulation de cours ».

Décision dont il a fait appel, bien évidemment.

Contacté par ActuaLitté, l'éditeur Albin Michel n'était pas disponible pour nous répondre.