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JO 2014 : des écrivains militent pour la cause LGBT

Julien Helmlinger - 06.02.2014

Edition - International - Jeux olympiques - Sotchi - Homosexualité


À la veille de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, qui se tiendra ce vendredi, une lettre ouverte signée par plus de 200 écrivains a été publiée dans le quotidien britannique The Guardian. Avec d'éminents signataires comme Salman Rushdie, Orhan Pamuk, Margaret Atwood ou encore Jonathan Franzen, le courrier militant dénonce les lois du gouvernement Poutine portant sur le blasphème et celles visant l'homosexualité.



 

CC by 2.0 par rapidtravelchai 

 

 

Depuis la promulgation de la loi punissant de prison la « propagande » de l'homosexualité devant les mineurs, en juin dernier, les critiques affluent et notamment depuis l'Occident. La grogne n'aura pas empêché la flamme olympique de rallier Sotchi, ce mercredi, mais des manifestations se tiennent de New York à Melbourne en passant par Paris et Saint-Pétersbourg, appelant les sponsors des JO à « sortir de leur silence sur les lois antigay russes ».

 

Par cette lettre ouverte, la Russie est notamment accusée « d'asphyxier » la créativité artistique. Les signataires soutiennent que la législation visant la soi-disant propagande de relations sexuelles non-traditionnelles, la récente interdiction du blasphème, et autres charges accrues contre la diffamation « mettent les écrivains particulièrement en danger ».


La lettre, signée par des écrivains provenant d'une trentaine de pays divers, rappelle certaines valeurs démocratiques : « Une démocratie saine doit écouter les voix indépendantes de tous ses citoyens; la communauté internationale a besoin d'entendre, et d'être enrichie par, la diversité des opinions russes. »

 

Les militants de la plume ajoutent : « Nous exhortons donc les autorités russes à révoquer ces lois qui étranglent la liberté d'expression ». Et de préciser qu'ils n'étaient pas prêts à se taire « alors que nous voyons nos amis écrivains et journalistes forcés au silence ou s'exposant à des poursuites et parfois à des peines drastiques pour le simple fait de partager leurs pensées ».


Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, au fil d'un discours ce mercredi, n'a pas manqué de rappeler que tout le monde devait lutter contre les « discriminations ». Car le sport ne devrait pas être « une tribune pour des dissidences politiques ou pour essayer de marquer des points pour des motifs de contestation politique intérieure ou extérieure », a souligné M. Bach, relayé par l'AFP.

 

Une bière dans la mare

 

Mais les gens de lettres ne sont pas les seuls militants contre l'homophobie à y aller de leur contribution. En Écosse, les brasseurs de chez Brew Dog ont fait dans l'original. Ils ont lancé leur bière énergisante baptisée Hello My Name is Vladimir - not for gays, en référence au chef d'État russe et ses prises de positions controversées.

 

L'ancien membre du KGB est présenté non sans ironie sur l'étiquette de la boisson : « Me boire vous donnera l'énergie, l'ignorance et le dogmatisme nécessaires pour tuer un cerf (torse nu), et faire passer des lois discriminatoires avant même d'avoir pris votre petit-déjeuner au caviar. »

 

L'équipe de joyeux lurons n'a pas manqué d'envoyer une caisse au Kremlin, mais ce dernier n'a pas encore pris de position officielle suite à la dégustation.

 

Crédits : Brew Dog