Joël Dicker, un auteur francophone à la conquête du monde…

Nicolas Gary - 21.10.2019

Edition - Les maisons - Joël Dicker - Gilles Cohen Solal - oeuvres diffusion


Il évoquait modestement un « non-sujet », mais l’enjeu reste de taille : parvenir à mieux représenter un auteur à l’étranger, quand il est francophone, n’a rien d’un parcours de santé. Alors quand Gilles Cohen-Solal se voit confier par Joël Dicker de prendre en charge l’exploitation des droits audiovisuels et les cessions pour que ses livres soient plus (et mieux) traduits, on sourit. 


Joël Dicker © Patrick Roy
 

C’est en pleine Foire du livre de Francfort que Gilles Cohen-Solal confirme l’information : « Joël Dicker m’a confié un mandat jusqu’à fin 2020 pour ses droits étrangers et ses droits audiovisuels. Je ne suis mandaté pour rien d’autre que les ventes de droits et ce jusqu’en décembre 2020. » 

Pas question « de devenir agent, ce n’est pas mon métier », s’empresse-t-il de préciser, joint par téléphone. « D’ailleurs, depuis le succès de L’affaire Harry Quebert, tout le monde rêve de publier Joël. Mais il entretenait une relation privilégiée avec De Fallois, son éditeur. Et il n’a jamais été question de changer de maison d’édition. »

En revanche, il serait possible « de faire mieux, au niveau des droits et de sa présence en librairie — il est le premier à regretter de n’être pas allé dans plus de lieux », continue Gilles Cohen-Solal. 
 

Traduire mieux, différemment, plus


Le catalogue que représente Dicker compte cinq titres : le célèbre La vérité sur l’affaire Harry Québert, La disparition de Stéphanie Mailer, Le livre des Baltimore, Les derniers jours de nos pères et Le Tigre. Et puis, il y aura ce nouveau livre, prévu en mars 2020. 

« Nous nous connaissons bien, avec Joël, et je n’aurais pas accepté pour tout autre que lui. L’idée n’est pas de construire autour de lui un travail avec un metteur en scène ou d’autres projets. Mais de consolider sa relation avec des éditeurs étrangers, qui pour la plupart sont très bons, et bossent bien. Joël ne peut pas tout prendre en charge, la promotion, les cessions de droit : laissons-lui le soin de faire ce qu’il fait, écrire des livres. »
 
Pour l’instant, pas de signatures annoncées, le mandat débute. En revanche, tout commencera par « ces pays où il est déjà traduit, pour ses derniers romans. Avec le nouveau qui s’approche, nous avons l’occasion de compléter la liste de titres existants dans les catalogues, pour effectuer de nouvelles traductions », indique Gilles Cohen-Solal. 
 

Une mise à jour, avant toute chose


Pour exemple, le territoire américain : à l’occasion du salon du livre de Genève, Patrick Nolan, vice-président de Penguin Books, qui publie Dicker ou encore Leïla Slimani, évoquait le goût de ses compatriotes pour les œuvres en français. « La population francophone est tellement lue que si un livre est un best-seller sur son secteur ou remporte des prix, les Américains veulent le découvrir et le lire. » 

Pour autant, estime Gilles Cohen-Solal, « il y a certainement d’autres choses à faire, plus modestes, peut-être, et sans arriver avec une offre trop cadrée. Il ne faut pas oublier que l’édition, c’est du temps long : grâce à Joël, on peut renouer avec la durée. Et son prochain livre, c’est l’occasion d’en parler ». 

Pourquoi pas, même, envisager des productions à l’image de ce que La fameuse invasion... a pu donner, d’après l’œuvre de Dino Buzzati, sur les écrans. « Mon métier de base, c’est éditeur », reprend Gilles Cohen-Solal, « donc de réaliser des cessions de droits pour les livres, et parallèlement, de m’intéresser aux adaptations possibles ».

Mais surtout, « de faire au mieux ce que l’on sait faire, et pas trop mal ce que l’on ne sait pas faire du tout ».
 

Animation, bande dessinée ? D'abord, finir le livre


Autrement dit, l’animation, oui, mais ses affinités vont plutôt vers les films classiques et les séries. « Comme je ne m’y connais pas, je vais devoir m’y mettre et évaluer les acteurs, les producteurs. Sauf à ce que l’un d’eux tombe amoureux du Tigre de Joël, comme ce fut le cas pour Autobiographie d’une courgette de Gilles Paris, je vais plutôt répondre à des demandes qu’initier des projets, pour l’instant. »

Rendre les livres de Dicker les plus présents possible, dans un maximum de pays, d’un côté, et de l’autre, envisager d’autres formats — comme la bande dessinée. « Tout dépendra de la qualité de ce qui est proposé. Mais en premier lieu, il faut d’abord qu’il puisse sereinement terminer son livre. »

La vérité sur l’affaire Harry Québert a déjà fait l’objet d’une adaptation en film, mais d’autres projets ne seront pas incompatibles. Le format série, qui a tant le vent en poupe, s’avère très attractif. « Dans tous les cas, on ne versera pas dans les produits dérivés, comme ce fut le cas pour les éditions Albert René, avec un système qui fonctionnait sur la licence, quand il n’y avait pas d’album Astérix à venir. »
 
Pas de montres Joël Dicker, donc, ni de verre à moutarde. Ce qui reste heureux...


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