Joël Houssin, scénariste d'un Dobermann inédit pour le cinéma

Cécile Mazin - 16.05.2013

Edition - Les maisons - Joël Houssin - Doberman - adaptation


Réalisé par Jan Kounen et sorti en 1997, le film Dobermann avait donné à Vincent Cassel un rôle de criminel endurci. Spécialisé dans les attaques de banques, lui et son équipe, ils se retrouvaient avec un inspecteur un peu crado, incarné par Tchéky Karyo, qui lui-même traînait quelques vilaines manières. Le tout avait été scénarisé par Joël Houssin, auteur de plusieurs romans mettant en scène le personnage, Dobermann.

 

 

 

 

C'est à ce titre une double actualité qui touche l'auteur. D'un côté, la réédition de l'intégralité des romans Dobermann, aux éditions Ring, vient de commencer, avec la sortie d'une bande-annonce, traditionnelle chez l'éditeur. Le volume 1 sort ce 16 mai, particulièrement bien mis en scène : 

 

Né en janvier 1981, le Dobermann a, en 4 ans et 19 romans, taillé une sanglante balafre dans le paysage du polar. Une anthologie du braquage, un best-of du hold-up ! Côté flics, le mot d'ordre est clair : « Personne n'a envie de voir le Dobermann et son gang en prison. Il y a des voyous qu'on n'arrête pas. Le Dobermann, c'est pas un gangster comme les autres. Il respecte rien. Il braque les banques pour le plaisir. C'est pas humain.

 


TEASER DE L'INTÉGRALE DOBERMANN par Editions_Ring

 

 

Mais en parallèle, on apprend également que Joël Houssin s'apprête à redevenir scénariste, pour une nouvelle aventure du Dobermann au cinéma. « Joël Houssin se chargera de scénariser cette création originale, qui ne reprendra pas l'un des romans que Ring va publier », nous précise l'éditeur. 

 

Interrogé par ActuaLitté sur les liens entre littérature et cinéma, et son rapport à l'écriture dans les deux mondes, Houssin expliquait : « Au cinéma, j'ai écrit principalement des scénarios, c'est pas pareil que les livres. Dans les scénarios, il n'y a quasiment rien de descriptif, il n'y a pas cette profondeur là. Alors qu'avec Loco, je retrouve un plaisir que j'avais perdu. Au début j'ai trouvé ça très bien, surtout à l'époque de Dobermann [le film de Jan Kounen, NdR], quand il n'y avait pas ce qu'on appelle le politiquement correct. Maintenant on peut plus rien faire sur les écrans, il n'y a plus d'audace, c'est terrible. Par exemple, des producteurs ont demandé d'ôter les mentions liées à la drogue dans la suite du Dobermann qui est en préparation... mais enfin c'est le Dobermann, c'est pas Babar. »

 

On n'a pas le droit de mépriser l'argent comme ça. L'argent, ça se mérite. Et le Dobermann, il mérite que d'aller au trou... Un trou bien profond avec de la terre pardessus. Alors, collez-moi un paquet de balles dans la tête de ces tueurs de flics ! » Le problème, c'est que pour mettre le Dobermann dans le trou, faut d'abord le trouver. Pas facile de traquer un gibier qui a toujours le doigt sur la gâchette. C'est comme ça. Il y a des hommes qui naissent pour fleurir les cimetières, d'autres pour les remplir. 

 

Le tome 1 de l'intégrale rassemble les premiers pas du Dobermann dans un monde cruel, sur 1248 pages. Au plaisir d'une saine lecture ! Quant au film, il sera pris en charge par Hannibal Pictures, un studio basé à Los Angeles, fondé en 1999 par Richard Rionda Del Castro. Le studio annonce qu'il finance, produit et distribue entre trois et six films par an, avec des budgets compris entre 3 et 20 millions $.