Jonah Lehrer bientôt lynché en place publique pour son nouveau livre ?

Orianne Vialo - 07.07.2016

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Accusé en 2012 d’avoir inventé et fabriqué de toutes pièces des citations de Bob Dylan dans son livre Imagine : How Creativity Works (éd. Hougton Mifflin Harcourt, 2012), Jonah Lehrer, ex-journaliste au New Yorker a vécu une longue et lente descente aux enfers. À peine quelques mois après ces accusations, il lui a été reproché d’avoir plagié le même contenu sur les journaux du New Yorker, du Wall Street Journal ou encore du Guardian. Il a récemment cru bon d’expliquer son geste dans un nouvel ouvrage intitulé A Book About Love. Dans ce dernier, il veut prouver qu’il est hors de question qu’il commette les mêmes erreurs qui ont provoqué sa chute, et sa perte de crédibilité, tant dans le milieu du journalisme que dans celui de l’édition.

 

(PopTech / CC BY-SA 2.0)

 

 

Son précédent ouvrage, Imagine : How Creativity Works a complètement disparu des rayonnages. Impossible d’en trouver dans le commerce et pour cause : l’ancien éditeur de Jonah Lehrer, Hougton Mifflin Harcourt, avait pris la décision de retirer tous les exemplaires du commerce, y compris les versions numériques sur les principales plateformes.

 

Voilà la sentence à laquelle s’était exposé l’auteur en inventant du contenu, dupant ainsi à la fois sa maison d’édition, mais aussi les lecteurs. Aujourd’hui discrédité dans le milieu du journalisme comme dans celui de l’édition, Jonah Lehrer n’a pourtant pas hésité à reprendre sa plume. 

 

Au début du mois d’août 2012, un livre que j’ai écrit intitulé Imagine a cessé d’être imprimé et retiré des magasins. Cela est arrivé, car j’ai fait plusieurs graves erreurs dans mon texte. La pire de toutes est que j’ai fabriqué des citations de Bob Dylan. Il y avait des passages où je comptais sur des sources secondaires, sources qui n’ont pas été citées. Dans les mois qui ont suivi, d’autres erreurs et échecs ont été mis au grand jour. Dans un premier temps, j’ai autoplagié des articles de mon blog. La publication de mon second ouvrage How We Decide, a été interrompue en raison d’erreurs factuelles et de citations incorrectes. J’ai brisé les règles les plus élémentaires de ma profession. J’ai honte de ce que j’ai fait. Je vais le regretter pour le restant de ma vie. Pour éviter que ce genre d’erreur ne se reproduise, j’ai suivi une procédure simple dans ce livre. Toutes les citations et les textes cités ont été envoyés à ceux qui les avaient formulés pour leur approbation. Cela vaut également pour la recherche que je décris : dès que possible, mes écrits sont envoyés à des scientifiques pour en assurer l’exactitude. En outre, le livre entier a été vérifié. Jonah Lehrer

 

Jonah Lehrer avait-il réellement besoin de suivre ce procédé pour montrer patte blanche, plutôt que de tirer leçon de ses erreurs ? 

 

À noter cependant que la Knight Foundation, une association à but non lucratif lui avait remis la coquette somme de 20.000 $ lors d’un séminaire où Jonah Lehrer avait fait des excuses publiques concernant tous les torts qui lui étaient reprochés. Peu de temps après que le montant de la rétribution accordée à l’ex-journaliste pour son intervention a été divulgué par le Poynter Journalism Institute sur son site internet, La Knight Foundation, dont l’objectif repose pourtant sur la promotion d’un journalisme de qualité, a avoué regretter son geste.

 

« La Knight Foundation n'aurait pas dû se mettre dans une position qui revient à récompenser les gens qui ont violé les principes de base du journalisme. Nous regrettons notre erreur » avait déclaré le président de l’association. Il s’est justifié en annonçant qu’ils avaient voulu « envoyer le message que, lorsque les choses vont mal, la meilleure action est d’admettre l’erreur et de se remettre au travail ».

 

Un autre coup dur pour l’auteur. Reste à savoir si son nouvel ouvrage sera bien accueilli ou au contraire, vivement critiqué par le public. 

 

(via The Washington Post)