José Saramago, un communiste hormonal contre la crise

Clément Solym - 17.12.2008

Edition - Société - José - Saramago - communiste


L'écrivain s'est exprimé mardi au cours de la présentation de son livre Le voyage d'un éléphant, dont il proposait quelques extraits avant sa publication. Ses propos, traduits par l'AFP, ne manquent pas de virulence contre la crise que traverse la planète, qu'il considère comme « un crime financier contre l'humanité qui devrait être jugé ». On se demande bien quel tribunal il faudrait alors mettre en place pour qu'un pareil procès puisse avoir lieu.

Pourtant, rien n'arrête le prix Nobel portugais qui déclare que les coupables sont connus, ce qui hérisse le poil de ce « communiste hormonal », ainsi qu'il se définit. Auteur de plus de trente ouvrages allant du roman à la poésie, avec théâtre et essais, la voix de Saramago n'a donc pas fini de rugir.

Dernièrement, c'était au président Ortega qu'il s'en prenait, alors que celui-là menait une vendetta contre le poète du Nicaragua Ernesto Cardenal. Une soixantaine d'artistes avaient pour l'occasion joint leur plume dans une lettre adressée au président et dirigée « contre tous ceux qui élèvent leur voix pour protester contre l'absence de transparence, le côté autoritaire, le comportement dénué de scrupules et le manque d'éthique que Daniel Ortega a démontrés depuis son retour au pouvoir ».

Au cours de cette promotion, Saramago a avoué que la pneumonie qui l'avait contraint à une hospitalisation en début d'année avait été une très rude expérience et qu'elle l'avait jeté dans une sensation proche du mort-vivant.