Joseph Macé-Scaron “fier” d'avoir cosigné des discours de François Fillon

Antoine Oury - 21.04.2017

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L'écrivain et président du comité éditorial de Marianne, Joseph Macé-Scaron, est devenu le porte-plume de François Fillon. C'est le volatile Le Canard Enchaîné qui a révélé l'information dans son édition de mercredi : depuis, Macé-Scaron a signé une tribune dans Le Figaro pour assumer et défendre son choix. Choix assez cohérent, par ailleurs, puisque Macé-Scaron a déjà écrit pour... Nicolas Sarkozy.

 
EPP Summit, Brussels, December 2016
(photo d'illustration, European People's Party, CC BY 2.0)


L'information flotte dans « La Mare aux Canards » de l'hebdomadaire : « Il y a peu, ce journaliste se déchaînait, dans les débats, sur les télés et à la radio, contre la France catho et réac. Depuis quelques semaines, son boulot consiste à muscler les discours du candidat de la droite », annonce le Canard Enchaîné dans son édition du 19 avril. Selon le journal, Joseph Macé-Scaron serait même « salarié d'Image 7, la boîte de la conseillère en communication de Fillon, Anne Méaux ».

Le Canard souligne ainsi « le grand écart » de Macé-Scaron, président du comité éditorial de Marianne et porte-plume du candidat Les Républicains, sans omettre de rappeler le CV du journaliste, passé par Le Figaro et Le Figaro Magazine entre 1985 et 2007. Mais il est vrai que l'on s'attendrait plus à Jean d'Ormesson, qui s'affiche aux côtés du candidat dans le Figaro Magazine de cette semaine, qu'à Joseph Macé-Scaron...

Joseph Macé-Scaron a d'ailleurs choisi Le Figaro Vox pour apporter des éléments de réponse : sans surprise, il commence par dénoncer les « piètres censeurs dont le job est de flinguer quiconque ignore l'unique façon de marcher ». Puis réfute toute embauche au sein d'une société liée de près ou de loin à François Fillon : « [J]e n'ai été recruté par personne, n'ai reçu aucun émolument d'aucune sorte et ne suis le salarié de quiconque autrement qu'au vu et au su de tous comme président du comité éditorial de Marianne », écrit Macé-Scaron.
 

Macé-Scaron « fier » d'être aux côtés du candidat Fillon


Pour en venir au fait, Joseph Macé-Scaron reconnaît avoir « participé avec d'autres à l'élaboration de textes », en soulignant que François Fillon « n'a pas besoin de “plumes” pour muscler ses discours » et en se disant « fier » de cette participation.

Le président du comité éditorial de Marianne revient sur sa rencontre avec Fillon, au cours de l'été 2016, pour expliquer son engagement. À l'époque, il signe un éditorial prédisant la victoire du candidat aux primaires de la droite. « Que n'avais-je pas fait ! Je prenais place immédiatement sur la liste des suspects » , estime Macé-Scaron. Il assure que son avis est toujours le même sur différents sujets de société, « mariage pour tous, [...] familles homosexuelles, [...] suicide médicalement assisté », mais que le candidat Fillon l'a convaincu pour son discours face à la menace terroriste.

« François Fillon a été le premier, et pendant bien longtemps le seul, à dire “non” aux accommodements déraisonnables, à dire “non” au totalitarisme islamique contre la ligue des “déni oui-oui” qui ne voulait pas comprendre que nous étions entrés en guerre contre un adversaire qui avait juré notre anéantissement », assure Macé-Scaron. D'après lui, le programme du candidat Les Républicains sur l'éducation, l'économie et bien sûr la défense et les relations internationales est le seul crédible... Y compris ses propositions de ministères au mouvement Sens Commun ? « Aussi, à bon entendeur, salut ! » conclut Macé-Scaron.

Sans vouloir se joindre aux « piètres censeurs », signalons que François Fillon n'est peut-être pas passé loin d'une autre affaire dans sa campagne : Joseph Macé-Scaron s'était en effet distingué, il y a quelques années, par une utilisation discutable du scanner comme source d'inspiration... Et par une plume mise au service de Nicolas Sarkozy pour son livre Libre, publié en 2001.

Précisons que Marianne a publié un texte, signé par Renaud Dély, directeur de la rédaction, pour expliquer que Macé-Scaron n'« exerce plus aucune responsabilité exécutive depuis le mois de mai 2016 » et n'a plus d'influence sur la ligne éditoriale depuis un an. « Joseph Macé-Scaron a informé il y a un mois le directeur de la publication de sa volonté de quitter l’entreprise », ajoute Renaud Dély, qui précise que Macé-Scaron n'est plus président du comité éditorial, et ne publie plus de chronique hebdomadaire.