Julien Gracq : la maison Corti publie deux textes inédits

Clément Solym - 07.04.2011

Edition - Les maisons - manuscrits - guerre - gracq


A sa mort en 2007, Julien Gracq avait fait don de ses manuscrits et documents à la Bibliothèque nationale de France. Tirés de cet ensemble d’une grande valeur pour qui veut mieux comprendre l’écriture de l’auteur d’Un balcon en forêt, deux cahiers d’écolier, un premier rouge, un second vert.

C’est à partir de ces deux textes que les éditions José Corti, seule maison à laquelle l’écrivain s’était attaché, publient Manuscrits de guerre (250 pages, 19 €). Cet ouvrage propose de mettre en regard le contenu de ces deux cahiers. Le premier contient un journal de bord, écrit au présent et à la première personne, qui rapporte le quotidien de celui qui s’appelait encore Louis Poirier.


Officiant à Winnezeele, dans la Flandre, en tant que lieutenant d’infanterie, le jeune homme décrit la guerre, telle qu’il la voit, du 10 mai au 2 juin 1940, date à laquelle il se retrouve prisonnier à Dunkerque.

Le second petit cahier offre un récit fictif à la troisième personne qui revisite complètement cette expérience. Mais l’un et l’autre texte s’appellent sans cesse. On retrouve là, en pleine genèse, des techniques d’écriture qui prendront leur plein développement lors de l’écriture d’Un balcon en forêt.

Le récit fictif condense les faits sur deux jours. Le personnage passe incessamment du présent, de l’action dramatique, à l’évocation de ses souvenirs, voire de ses rêves. Voici donc, pour les amoureux de Gracq, une façon de mieux comprendre le travail de l’écriture chez cet écrivain de l’intime et de l’attente.