Kafka remis à la Bibliothèque nationale israëlienne ?

Clément Solym - 21.01.2010

Edition - Justice - documents - Kafka - remis


Un tribunal israélien a décidé que les documents de Kafka, possédés par les soeurs Eva Hoffe et Ruth Wisler basées à Tel Aviv, devaient être mis à disposition des chercheurs de la Bibliothèque nationale israëlienne. Des documents qui pourraient être librement accessibles. Les soeurs disposent cependant d'un délai de 15 jours pour trouver un accord avec la bibliothèque.

Depuis la fin des années 1960, des cartes postales de Kafka, des esquisses et des lettres étaient entassées dans une pièce sale et humide dans laquelle des dizaines de chats se couraient après !

Pour l'heure, seules les soeurs Eva Hoffe et Ruth Wisler basées à Tel Aviv, savent ce que recèle leur caverne (d'Ali Baba). Elles avaient hérité des archives de leur mère Esther Hoffe, ancienne secrétaire de Max Brod. La transmission des documents de Kafka à Eva Hoffe et Ruth Wisler avait fait l'objet du procès intenté par la Bibliothèque nationale d'Israël.

Mme Hoffe a également été accusée de revente d'articles à partir des archives. Elle a même été arrêtée à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, soupçonnée de contrebande. La police a retrouvé des lettres et un journal de voyage écrits par Kafka dans ses valises. Après cette affaire, elle a accepté de céder des documents aux Archives de l'Etat d'Israël, mais elle aurait pu cacher des effets plus précieux. En 1988, elle a avait vendu un manuscrit original à un marchand de livre agissant pour le compte du gouvernement allemand pour 1,1 million £ chez Sotheby's.

Le premier chapitre dédié à une bataille kafkaïenne (qui s'étend sur presque 80 ans) pour le contrôle de l'héritage littéraire de Kafka est sur le point de se terminer.

Les érudits de Kafka espèrent donc qu'un roman inachevé sera retrouvé dans ses petits papiers. Une oeuvre qui aurait pu échapper à son ami et exécuteur testamentaire Max Brod... sans qui La Métamorphose, Le Château et L'Amérique auraient été perdus. Nurit Pegi qui rédige une thèse sur Brod à l'université de Tel Aviv a déclaré : « C'est scandaleux que personne n'ait été autorisé à accéder aux documents [de Kafka], en particulier à cause d'une femme qui prétendait protéger son héritage ! »