Khaled Hosseini condamne l'emprisonnement de Khadija Ismayilova

Julien Helmlinger - 06.01.2015

Edition - International - Khaled Hosseini - Les Cerfs-volants de Kaboul - Censure - Répression


Khaled Hosseini, auteur du livre Les Cerfs-volants de Kaboul, milite pour la libération de Khadija Ismayilova, sa traductrice, journaliste d'investigation azerbaïdjanaise. Cette dernière, primée pour son travail et réputée critique du gouvernement en son pays, a été arrêtée il y a un mois, accusée d'avoir incité un homme au suicide. Elle est condamnée à deux mois de détention dans l'attente de son procès et menacée d'une peine allant jusqu'à 7 ans de prison.

 

 

Khaled Hosseini, via Facebook

 

 

Si l'on se fie à la position exprimée par le PEN American Center, ces charges visant la journaliste seraient plutôt « fallacieuses », et « destinées à faire taire ses efforts inflexibles visant à dénoncer la corruption et autres abus du gouvernement ». Avant son arrestation, le chef de cabinet du président Ilham Aliyev a publié une déclaration de 60 pages, lui reprochant une « attitude destructrice envers des membres bien connus de la communauté azerbaïdjanaise », au service de commanditaires étrangers.

 

Selon le romancier Khaled Hosseini, la liberté de pouvoir écrire et partager ses idées sans avoir à craindre la répression est « sacrée ». Or, au sujet de sa traductrice, il estime que « les nombreuses tentatives du gouvernement de l'Azerbaïdjan afin de réduire Khadija  au silence et la priver de sa liberté d'expression en disent long sur son courage et son influence face à l'oppression extrême ».

 

Comme le confie l'écrivain, il ressent une grande fierté du fait que cette collaboratrice, primée pour sa bravoure journalistique, ait prêté sa voix à la version azerbaïdjanaise de son livre. Aussi, annonce-t-il, il entend bien lui prêter sa propre voix en retour, afin qu'elle puisse être entendue depuis sa détention provisoire. Il appelle désormais quiconque à se rallier à lui pour réclamer de la part des autorités locales « la libération immédiate et inconditionnelle » de sa traductrice.

 

Outre le PEN, d'autres organes comme Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé la répression visant Khadija Ismayilova, appelant à sa libération. Selon Reporters sans frontières, qui a lancé une pétition en ligne pour la libération de la traductrice, 9 autres journalistes et au moins 5 blogueurs seraient actuellement enfermés en Azerbaïdjan.

 

(via The Guardian)