Kickstarter fait le bonheur des projets éditoriaux et de l'édition

Clément Solym - 13.01.2014

Edition - Economie - financement participatif - internautes - projets créatifs


Au cours de l'année passée, la plateforme de financement participatif Kickstarter a contribué à la réalisation de nombreux projets, soumis au bon vouloir des investissements d'internautes. Le site de crowdfunding est notamment venu en aide de nombreuses initiatives autour du livre, avec plus de 6000 campagnes liées au monde de l'édition, lancées durant 2013.

 

 

Crowdfunding by Media Funders
Media Funders, CC BY ND 2.0

 

 

Plus de 1600 oeuvres de fiction, et 1000 projets de livres pour enfants ont été menés à bien, grâce aux contributions des internautes. Plus de 21 millions $ ont été assurés, contre 15 millions au cours de l'année 2012. L'engagement moyen était de 3450 $ par projet. 

 

Julie Wood, interrogée par Publishers Weekly, pour Kickstarter, explique qu'en 2013 « des outils innovants pour les écrivains » ont vu le jour. Ainsi, une plateforme de publication Open Source a été montée, permettant la commercialisation de livres numériques. Pour les lecteurs de nombreuses oeuvres ont été financées, mais également des bibliothèques publiques, pour de petites collectivités.

 

« Nous avons également vu que les auteurs et les écrivains utilisent Kickstater pour obtenir plus que des fonds : ils construisent des communautés de fans et de personnes qui partagent les mêmes idées », précise-t-elle.

 

De leur côté, les Histoires Sans Fin viennent de publier un long dossier, interrogeant plusieurs auteurs et illustrateurs jeunesse qui ont eu recours à ces outils pour construire leurs nouveaux projets.  

 

Anaïs Goldemberg illustratrice, depuis 2007 (Sorcières ! Les abominables voisines de M. Pébroc, Éd. du Toucan) a décidé par exemple de se lancer seule dans la réalisation de quatre albums, pour quatre saisons Automne, Hiver, Printemps et Été dont la disponibilité s'échelonnera entre septembre 2014 et juin 2015.

 

Contrairement à ce que l'on pourrait penser au premier abord, la création en autoédition de ses quatre albums n'est pas un simple refus de sa maison d'édition, c'est un vrai choix personnel : « Après la dernière expérience éditoriale, j'ai mis du temps avant de retrouver les forces nécessaires à la reprise des sorcières, à ma façon. C'était une évidence pour moi de m'occuper de toutes les étapes de ces futurs livres, de leur conception à la vente » […] « Je m'y suis prise tôt par rapport au planning du projet, au tout début de l'écriture et des premières images, et j'ai l'impression d'avoir passé un contrat non pas avec un éditeur, mais directement avec les futurs lecteurs. Ça motive, et c'est immédiatement concret. »

 

Il est important, comme le soulignait Calimaq, dans nos colonnes, de prendre en compte que si le crowdfunding représente un modèle économique intéressant, les conditions de participation sont souvent mal connues des internautes. Et pourrait jouir de meilleures conditions encore de partage des oeuvres et projets auxquels les internautes prennent part.

 

« Le financement en amont permet en effet de lever tout ou partie de la réservation des droits, le créateur s'engageant à mettre en partage son oeuvre si l'opération est réussie. C'est un modèle équitable où le public reçoit en retour de ce qu'il donne et on trouve déjà des cas extrêmement intéressants d'articulation entre les licences Creatives Commons et des plateformes de crowdfunding comme Kickstarter ou Ulule. »