Kindle Free Time Unlimited pose de sérieux problèmes à l'édition

Clément Solym - 11.12.2012

Edition - International - Kindle Free Time Unlimited - Amazon - Service par souscription


Tandis qu'Amazon vient de lancer aux États-Unis son offre Kindle Free Time Unlimited la semaine dernière (voir notre actualitté), le service d'abonnement qui pourrait bien révolutionner les habitudes des consommateurs de lectures numériques suscite des interrogations diverses dans le monde de l'édition. Et si certains éditeurs y voient un moyen d'augmenter la visibilité de leurs titres, d'autres affichent des réticences à embrasser le nouveau modèle de distribution. 

 

L'offre d'Amazon ciblant les enfants (-8 ans), par l'intermédiaire de leurs parents, offrant contre souscription l'accès illimité à des livres, des jeux, des films, séries TV et autres applications éducatives, se retrouve désormais face aux regards critiques des acteurs de l'industrie.

 

Selon Publishers Weekly, certains expérimentateurs du programme ont partagé leur enthousiasme. Ainsi Kirsty Melville par exemple, président et éditeur de la division livre d'AM, a déclaré : « C'est un environnement sûr pour les enfants et les familles pour accéder à du contenu numérique et un bon moyen pour nous de faire connaître à nos marques. [...] 

 

Nous apprenons des choses à chaque fois que nous travaillons avec des modèles de distribution différents. Beaucoup de gens essaient d'atteindre les enfants comme ils obtiennent plus de l'accès aux périphériques numériques, et c'est une opportunité intéressante d'explorer une nouvelle façon de donner aux enfants l'accès à notre contenu et de voir ce qui se passe. »

 

Mais en dépit de ces avantages marketing apparents et de la possibilité de tirer profit des opportunités du Web, des auteurs, des agents et des éditeurs demeurent réticents à voir leurs titres diffusés par ce biais.

 

Il en résulterait une attitude attentiste, ces derniers attendant de pouvoir analyser les retombées obtenues par les pionniers avant de se lancer ou de passer leur tour définitivement. Pour les frileux, on craint notamment que la diffusion par souscription ne cannibalise les lucratives ventes au détail.

 

En outre, ils peuvent déplorer que le système de rémunération contre fourniture de contenu n'a pas encore été clairement défini par Amazon. Gagneront-ils un pourcentage sur les souscriptions ? Un forfait pour leur contenu diffusé ? Voire un autre mode de paiement ?

 

En tous les cas, les grandes maisons d'édition se sont tenues à l'écart des programmes de souscriptions jusqu'à présent. Mais si l'entreprise se révèle être un succès pour Amazon, alors les grandes enseignes ne devraient pas tarder à emboîter le pas au géant américain.