Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Kobo by Fnac, produit le plus vendu après l'iPad

Clément Solym - 14.01.2012

Edition - Economie - Alexandre Bompard - Fnac - économies


Ce sont donc 500 postes que la Fnac va supprimer, dans la perspective d'économiser 80 millions €. L'annonce de ce plan n'a pas vraiment étonné le syndicat CGT, qui expliquait hier à ActuaLitté que l'actionnaire réclamait des dividendes pour 2012, et qu'il allait bien falloir les trouver. 

 

Alexandre Bompard, qui avait le jour même décliné un déjeuner en présence de libraires, d'éditeurs et d'auteurs, avec Nicolas Sarkozy, s'est expliqué ce matin dans un entretien accordé au Figaro. Réponse « aux défis structurels » qui se posent à Fnac, ces mesures font également écho « à la crise économique qui sévit notamment en Europe du Sud », précise-t-il. 

 

« Le marché des produits culturels baissait d'environ 2 % chaque année depuis 2006, il a reculé de plus de 5 % en 2011. Celui des produits techniques, en croissance depuis 2006, chute de près de 10 % depuis le mois de mai. Même si nous avons gagné des parts de marché, notre chiffre d'affaires global a reculé de 3,2 % en 2011 (et de 5,4 % sur nos magasins, avec une forte décélération depuis 9 mois). »

 

Mais il s'agit surtout, ajoute Alexandre Bompard, d'« assurer l'avenir de la Fnac », avec une réduction globale des frais - puisqu'aux suppressions de postes, s'ajoutent un « gel des recrutements, une politique de modération salariale ».



Et qu'importe que la période soit électorale ou l'heure à la présidentielle. « Ma responsabilité est d'assurer la pérennité de la Fnac. Face à une situation économique très dégradée, rien ne serait plus dangereux pour l'avenir que de ne pas prendre les mesures quand elles doivent l'être. Les suppressions de postes en France reposent sur un plan de départs volontaires dont nous souhaitons qu'il soit exemplaire », explique-t-il.

 

Chose intéressante, le PDG revient également sur l'accord passé avec le Canadien Kobo, pour proposer une solution de lecture numérique globale, le Kobo by Fnac. Et le succès est au rendez-vous, puisque « les ventes dépassent tous les objectifs que nous nous étions fixés: 50.000 exemplaires en 6 semaines ce qui en fait le produit le plus vendu à la Fnac, après l'iPad 2 ».

 

Reste qu'en terme de stratégie, le syndicat CGT nous expliquait hier combien le projet tourné autour des « univers », ces espaces d'ambiance qui doivent apporter un renouveau dans les boutiques, l'actionnaire PPR ne serait pas tout à fait conquis. Un peu trop cher, nous précisait-on, pour séduire... de quoi contredire les propos d'Alexandre Bompard, qui assure leur mise en place « dans les magasins existants », pour l'année 2012.


« Voilà deux ans que l'on n'a plus de politique commerciale dans le groupe, ni de stratégie. Fnac.com nous a été présenté comme le Nirvana, et pour les magasins, la seule innovation, c'étaient ces «univers» qui relevaient plutôt du concept architectural à l'intérieur des boutiques. Mais là encore, en novembre, l'actionnaire PPR a trouvé que ces univers coûtaient bien cher, et il a été décidé de les repousser », soulignait pour sa part la CGT.