Kobo et les libraires indés, un partenariat pour occuper le terrain

Antoine Oury - 21.05.2013

Edition - Librairies - Kobo - Libraires indépendants - partenariat


D'accord, Kobo n'est pas Amazon. Mais l'annonce d'un partenariat entre le revendeur d'ebook et d'appareils de lecture avec les libraires indépendants avait de quoi surprendre, voire même agacer. Mis en place par l'American Booksellers Association (ABA), il semblait logique que le responsable des partenariats de l'association, Oren Teicher, vienne présenter le projet et ses premiers résultats.

 

 

Oren Teicher, en pleine démo, et Marianne Kruckow

 

 

Depuis la France, le marché du livre numérique aux États-Unis semble assuré et rassurant : pour autant, Oren Teicher précise d'emblée : « Nous ne savons pas ce que les ebooks vont représenter sur le marché du livre : on parle 22 % des ventes en volume, ce qui laisse toujours 75 % pour les livres papier. »

 

L'association avec un revendeur d'ebooks peut sembler déplacée pour une librairie brick & mortar, mais l'origine de la démarché est enracinée dans un pragmatisme qui emprunte beaucoup à la logique : « Il nous fallait une solution pour que nos libraires puissent répondre « Oui » au lecteur qui souhaite acheter du livre numérique », explique Oren Teicher de l'ABA. Et éviter ainsi que celui-ci se tourne vers Amazon, et de courir le risque qu'il commande également ses livres papier à cette adresse.

 

« Nous ne faisons pas cela parce que nous sommes persuadés que nos membres doivent vendre en numérique, il s'agit simplement d'une attention portée au client. » Le partenariat permet donc aux libraires indépendants, par exemple la boutique Books Inc. de San Francisco, de vendre des livres numériques et les lecteurs e-ink correspondants. Une précédente association avec Google Books avait tourné court, notamment parce que le relais de la machine n'avait pas été mis en place.

 

« Cette fois, lorsqu'une boutique vend un lecteur Kobo, elle enregistre le numéro de série de l'appareil, et touche sa part de revenus à chaque vente d'ebooks, soit 11 % du prix » : même si les ventes sont faibles, un revenu supplémentaire est bien là, d'autant plus que les librairies n'ont que peu d'investissements à réaliser. Les bases de données sont celles de l'ABA, de Kobo et du distributeur Ingram, tandis que Kobo gère l'ensemble des tarifications et transactions, tout comme le service client.

 

Tous les 30 jours, l'établissement reçoit le décompte des ventes : 500 magasins ont pour l'instant souscrit au programme lancé en novembre dernier, un résultat satisfaisant, mais qui doit encore augmenter pour asseoir véritablement le partenariat. 300 boutiques, sur les 500, seraient véritablement actives et vendeuses. De toute façon, « l'objectif n'est pas de prendre des parts de marché, mais simplement d'être présent sur le terrain ».

 

Largement occupé par Barnes & Noble et Amazon, ce dernier semble assez grand pour abriter les libraires indépendants, d'autant plus lorsqu'ils travaillent avec un revendeur qui ne vend que du numérique.