Kobo répond à aux auteurs autoédités qui dénoncent une censure

Julien Helmlinger - 29.10.2013

Edition - International - Kobo - Pornographie - Autoédition


Voilà deux semaines que le scandale s'est invité dans les catalogues des librairies en ligne majeures, suite à la découverte de titres aux contenus pornographiques violents (voire ultraviolents). Et surtout vendus aux internautes, même mineurs, sans filtrage. Tandis que Kobo a fermé momentanément sa plateforme le temps d'en retirer ses livres autoédités, une pétition d'auteurs intitulée « Leave our erotica alone » n'a pas tardé à récolter quelque 13.000 signatures. Si les signataires critiquent cette « censure », le chef de contenu de Kobo, Michael Tamblyn, leur a répondu ce week-end.

 

 

 Vitrine barrée pour la fiction sulfureuse

Creative Commons via Flickr (cc by 2.0) par pasa47

 

 

Par le biais d'un communiqué publié sur Kobo Writing Life, Michael Tamblyn a expliqué aux auteurs autoédités que si leur aspiration était de publier de l'érotisme à la limite de la régularité, la distribution allait être un véritable combat pour eux. Il ajoute : « Nous ne disons pas que vous ne pouvez pas les écrire. Mais nous ne nous sentons pas obligés de les vendre. Et oui, beaucoup de titres vivent dans une zone grise avec beaucoup plus de nuances que la cinquantaine qui s'est vendue aussi bien dans la dernière année, mais c'est ce qui rend tout cela si difficile et intéressant. »

 

Le responsable explique que Kobo prend très au sérieux le problème dénoncé récemment par le Daily Mail, précisant que le retrait des titres incriminés aura impliqué les efforts du personnel de la firme « dans une douzaine de pays et fuseaux horaires ». Il déclare en conséquence que Kobo ne diffusera désormais tout simplement plus de fantasmes de viol.

 

Une déclaration qui a obtenu des échos mitigés de la part des auteurs. Certains comme John McKnight ont salué la position du responsable, en évoquant le fait que la mise en avant de l'intégrité morale avant la recherche de profit était tout à l'honneur de l'entreprise. Quand les plus sceptiques dénoncent le manque de filtrage dans les moteurs de recherche de titres des plateformes web, en affirmant que le problème aurait pu être évité.

 

Ainsi pour Paul St. John McKintosh, la position de Kobo serait hypocrite, car la société n'aurait levé le petit doigt qu'en raison de la pression médiatique. Et abusive, en considérant que plutôt de faire le tri entre le contenu légal et l'illégal, Kobo a supprimé tous ses titres autoédités. Or comme une récente étude nous le démontrait, ce type de contenu incriminé resterait minoritaire dans l'autoédition, en conséquence de quoi il serait dommage que les auteurs autoédités fassent tous les frais de cette polémique. Il reviendrait peut-être aux plateformes concernées d'optimiser leurs pratiques de contrôle éditorial.

 

(via MelvilleHouse)