L'avenir du Café Gijón à Madrid, lieu de lettres, garanti pour 75 ans

Clément Solym - 20.08.2012

Edition - International - Café Gijon - Ernest Hemingway - littérature


Le 12 août, le sort du Café Gijón était réglé : l'établissement avait connu la visite régulière d'Ernest Hemingway, d'Eva Gardner ou encore de Frederico Garcia Lorca et Salvador Dali et Luis Bunuel. Simplement, plus rien ne s'opposait à sa vente. Situé sur le boulevard du Paseo de Recoletos, à Madrid, le lieu était réputé pour sa terrasse emblématique. Et laissé alors au plus offrant. 

 

 

Terraza del café Gijón

César Poyatos sur Flickr

 

 

Depuis longtemps, l'endroit était pris dans une guerre d'enchères entre l'entreprise Endre Santa Engracia, qui offrait 144.000 € pour son achat, soit plus du double de ce que proposaient les propriétaires de l'actuel cybercafé. Une décision qui avait ému de nombreuses personnalités, dont le leader socialiste, Jaime Lissavetzky, qui appelait à un débat sur les implications qu'aurait la vente de ce lieu éminemment culturel.

 

Après des mois d'incertitudes, de rumeurs et d'angoisses, le sort du Café est scellé, au moins pour les 75 prochaines années. Depuis mars dernier, la situation n'avait fait qu'empirer :  pour des raisons économiques, le café était menacé. De fait, la ville avait décidé de contester l'établissement de cette terrasse, après 120 ans d'existence. 

 

Or, sans cet espace, qui générait 60 à 70 % de son chiffre d'affaires, avec une quarantaine d'employés dédiés, les actuels gérants voyaient poindre la fin de leur commerce. Or, cet espace de terrasse se trouve sur un terrain appartenant à la Ville, et celle-ci aurait aimé retrouver son bien, afin de le monétiser. Se trouvant dans le domaine public, sur une concession accordée par la ville, l'établissement arrivait à la fin de son accord avec les pouvoirs publics, et Madrid avait lancé un appel d'offres pour assurer sa rénovation. 

 

Un porte-parole de l'Hôtel de Ville a confirmé ainsi que l'entreprise renonçait à son rachat, alors que l'Espagne subit comme d'autres les effets de la crise. Et Thomas Gomez, chef du parti socialiste se félicite que la proposition de déclarer établissement d'intérêt public cet espace soit validé. Cela accorderait ainsi un maximum de protection au Café.

 

L'histoire littéraire est particulièrement forte dans cet établissement. Outre les nombreux auteurs, romanciers et écrivains qui en ont vanté les mérites ou usé les chaises, les mots ruisselaient sur le plancher. Un certain Truman Capote avait lui-même élu domicile dans les murs. 

 

« Nous sommes très heureux », expliquait ce matin José Manuel Escamilla, propriétaire des lieux, qui conservera donc son gagne-pain. « Nous n'avons encore rien appris officiellement, mais nous étions certains que quelque chose allait arriver. » Fernando Villalonga, directeur des Arts à la Mairie assure que Madrid, « attache beaucoup d'importance à la tradition littéraire du Café Gijón ».

 

Cette décision, promet-il, est donc « le résultat heureux pour tout le monde et certainement le meilleur pour les arts ».

 

 




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