L'absence de best-seller a coûté un peu cher au marché du livre US

Nicolas Gary - 06.01.2014

Edition - Economie - vente de livres - marché américain - livres imprimés


Les chiffres sont bien là, et Nielsen BookScan est implacable : aux États-Unis, les ventes de livres imprimés ont diminué de 2,5 %, avec 501,6 millions d'exemplaires écoulés en 2013. La vente au détail et au travers des clubs, incluant Amazon, représente 81 % des exemplaires vendus en magasins, assure Publishers Weekly

 

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DesheBoard, CC BY 2.0

 

 

Entre 2011et 2012, les ventes Retail & Club ont diminué de 11,4 %, ce qui correspond, pour 2011, à la liquidation de Borders. En parallèle, le nombre de ventes global a diminué, sur la même période de 9 %. 

 

La diminution des ventes de livres papier est difficile à ne pas corréler avec l'évolution des ventes numériques. Or, c'est dans le domaine des romans Adultes que la diminution des ventes d'imprimés est la plus importante pour 2013, avec 11,2 % de diminution. En outre, l'absence d'un gros blockbuster cette année passée a également impacté les résultats. 

 

Le domaine jeunesse est également en diminution, pour les mêmes raisons. 

 

Le Hardcover accuse 1 % de diminution, dans la vente au détail et en clubs. Le livre de poche a beaucoup souffert de la cannibalisation par les livres numériques, note le magazine professionnel, sans fournir de chiffres.  

 

Peut-être qu'à l'occasion de ces données, pourrait-on en profiter pour tordre le cou à quelques idées qui ont été véhiculées durant l'année 2013, et qui, dans le doute, ont été relayées. En effet, l'American Association of Publishers avait montré qu'en regard des ventes du premier trimestre 2012, les ventes d'ebooks avaient reculé en 2013. C'est assez contestable, en réalité, assure l'Irish Times.

 

D'abord, 2012 a été une année particulièrement faste pour les ventes d'ouvrages homothétiques, avec notamment des titres comme Hunger Games ou Fifty Shades of Grey. Et c'est justement leur absence qui, dans les secteurs jeunesse et adulte, cause préjudice aux ventes d'imprimés pour 2013. 

 

En outre, faut-il le rappeler, l'AAP ne tient pas compte du marché des indépendants, ni de l'autoédition, qui chez Amazon, par exemple, représentait 25 % des meilleures ventes. Or, d'autres acteurs se sont lancés dans des services d'autoédition similaires au Kindle Direct Publishing, et ce marché échappe de plus en plus aux radars officiels et traditionnels. 

 

Selon le Irish Times, les ventes d'ebooks pour 2013 auraient atteint plus d'un milliard de dollars l'an passé. Si la croissance chez les grands éditeurs a été ralentie, voire s'est inversée, il n'est pas possible d'affirmer avec autant d'assurance que c'est le cas, en règle générale. Ah, si seulement Amazon acceptait de livrer ses chiffres.