L'académicien Michel Déon ne sera pas enterré à Paris

Antoine Oury - 13.02.2018

Edition - Société - Michel Déon enterrement - Michel Déon Paris - Michel Déon Anne Hidalgo


L'académicien Michel Déon, mort le 28 décembre 2016 à Galway, en Irlande, ne sera finalement pas enterré à Paris, a annoncé la mairie de la capitale hier. Après plusieurs jours de polémique liée à une demande de la famille et de l'Académie française pour une inhumation des cendres de l'écrivain au cimetière Montparnasse, la mairie a expliqué son refus par un respect du Code général des collectivités territoriales.

 

Michel Déon au salon du livre de Paris 2012.jpg

Michel Déon en 2012 (S. Veyrié, CC BY-SA 3.0)

 

Le Figaro en avait fait son cheval de bataille : le quotidien avait rapporté, dans un article publié le 9 février dernier, les efforts de la famille de Michel Déon et de l'Académie française pour obtenir une sépulture pour l'écrivain disparu en 2016. Après l'incinération de la dépouille de Michel Déon, ses cendres avaient été rapatriées en France dans l'attente d'une inhumation.

 

La famille de l'auteur, et notamment sa fille Alice Déon, souhaitait obtenir un emplacement au cimetière du Montparnasse, à Paris. Mais tant la famille que l'Académie française, par l'intermédiaire de la secrétaire perpétuelle Hélène Carrère d'Encausse, ne parviennent pas à obtenir de réponse positive de la Mairie de Paris. « J'ai eu l'impression de me heurter à une bureaucratie infranchissable », confiait même la secrétaire de l'Académie française au Figaro.

 

L'explication serait à trouver du côté du Code général des collectivités territoriales, qui assure qu'une ville a l'obligation d'accueillir la dépouille de tout résident de la commune, qui y serait décédé ou qui y posséderait un caveau familial. Ce qui n'était pas le cas de Michel Déon, par ailleurs décédé en Irlande.

 

Si le premier adjoint d'Anne Hidalgo, Bruno Julliard, a laissé entendre qu'une exception pourrait être faite pour Michel Déon, né à Paris en 1919, l'administration a tranché ce 12 février : Michel Déon ne pourra pas être enterré à Paris.

 

Pénélope Komitès, adjointe en charge des affaires funéraires pour la Ville de Paris, a en effet exposé la situation sur Twitter, en expliquant pourquoi la ville ne pourrait pas faire d'exception pour Michel Déon : « La Mairie de Paris n’a juridiquement pas le droit de transiger avec ces règles fixées par le Code général des collectivités territoriales. Cela constituerait de fait une rupture d’égalité pour toute personne placée dans la même situation que Michel Déon. [...] Devant la mort, cette même égalité en droits s’applique, que l’on soit une personnalité publique ou non, que l’on soit membre de l’Académie Française ou non. Et je suis fière qu’à Paris nous appliquions scrupuleusement ces principes fondateurs de notre République », explique-t-elle.
 



Évidemment, les considérations politiques n'étaient pas exclues dans le débat autour de la sépulture de Michel Déon : certains soutenaient en effet que la Ville de Paris refusait l'inhumation des cendres de l'écrivain en raison de ses opinions politiques, Déon penchant nettement à droite et exprimant des idées royalistes.


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