L'accord Google Books fait craindre un monopole préjudiciable

Clément Solym - 12.11.2008

Edition - Les maisons - Google - Books - accord


Alors qu'un accord coûteux de 125 millions $ est envisagé entre Google Books et les différents acteurs de l'industrie du livre aux États-Unis, permettant, selon le moteur  « d’élargir l’accès en ligne, à des millions de livres et autres documents protégés par le droit d’auteur », les protestations s'enchaînent.

Harvard fut la première université à rejeter l'accord proposé par la firme, et c'est désormais à l'association des libraires anglais de claquer la porte, comme le révèle un document hébergé par The Bookseller. La Booksellers Association estime que donner la possibilité de parcourir et acheter en ligne des millions de livres créerait « un monopole de fait », lequel « aura un effet extrêmement préjudiciable sur l'édition et l'industrie de la librairie », au cas où l'Angleterre accepterait cette conclusion.

De par sa position d'acteur déjà dominant dans le domaine de la recherche sur Internet, et étendant ses tentacules à divers domaines, Google « va maintenant occuper une position unique qui, si elle est exploitée abusivement » nuira à l'activité. L'équation pour la BA est simple : « Monopole = réduction du choix et prix plus élevés. » Et une situation d'où la concurrence aurait disparu pour le marché finira par être négative pour le consommateur.

« Ce récent accord, s'il jamais il était adopté en Angleterre et en Irlande, aurait un effet néfaste [...] par conséquent pour les auteurs et le public », prévient-elle. Le risque de monopole est en effet très clair, mais viserait aussi à déstabiliser celui d'Amazon actuellement maître en matière de ventes de livres en ligne. D'ailleurs, on s'étonnera que les arguments déployés soient exactement ceux que les partisans de la loi Lang avancent pour défendre le prix unique du livre en France.

Les éditeurs européens vont examiner le risque d'un monopole pour la distribution de livres, « contraire à l'intérêt de la société dans son ensemble et met en danger l'industrie européenne du livre et de la diversité culturelle. ». Nous attendons la réaction du SNE à cette annonce.