L’aéroport international de Hong-Kong retire des points de vente très fréquentés

Joséphine Leroy - 30.03.2016

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Les points de vente de l'enseigne Relay fondent : dans l’aéroport de Hong-Kong, son concurrent Page One  ne connaît pas un sort plus enviable. Ces deux chaînes seront prochainement remplacées par des magasins de mode prisés. Les librairies de l’aéroport étaient pourtant populaires, surtout pour les clients désireux d’acheter livres et magazines interdits à la frontière. Un nouveau directeur, Chung Hwa, prendra la tête des points de vente qui subsisteront dès le mois d’avril. 

 

Relay

(Valora Group / CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Hong-Kong subit une période de polémiques avec des affaires qui touchent le commerce du livre. À l’aéroport de Hong-Kong, un grand nombre de points de vente de presse et de livres est ainsi supprimé, quand d’autres sont déplacés. Tous ces changements ne faciliteront pas la commercialisation des sites autrefois positionnés à proximité des portes de départ. 

 

La perte concerne deux des plus importantes chaînes de vente de livres : Relay et Page One, qui a perdu l’ensemble de ses six points de vente. Ils ont été remplacés par les magasins de luxe (MCM pour le premier et Hermès pour le second). Relay, la chaîne d’origine française a perdu, de son côté, la moitié de ses points de vente, soit 5, après une collaboration avec l’aéroport de 11 ans.

 

Les points de vente restants seront dirigés par un nouveau directeur, Chung Hwa, concluant ainsi un nouvel arrangement qui prendra effet dès le mois d’avril. 

 

De tels changements poussent certaines personnes à s’interroger sur l’éventualité que ces fermetures soient liées à la vente d’ouvrages politiquement sensibles, dans le sillage de la controverse actuelle. L’année dernière, cinq employés d’une maison d’édition disparaissent. Les autorités chinoises avaient fini par reconnaître que trois libraires de Mighty Current étaient détenus par la police. 

 

L'aéroport, royaume des livres interdits 

 

Face à cette controverse, un porte-parole des autorités en charge de l’aéroport répond que la décision a été prise pour libérer un espace économique, rappelant à la fois une « évolution dans les habitudes de lecture » et un « rapprochement vers la technologie ». Il cite des études sur la consommation des clients et sur leurs besoins. 

 

Relay et Page One avaient obtenu leurs licences en 2009. Le conseil administratif a lancé un appel d’offres valable jusqu’en juin et donnera sa réponse en août. Un porte-parole a refusé de dire si Page One avait déposé une offre. À cause du ralentissement touristique et de la stagnation économique, la chaîne avait décidé de réévaluer des plans de restructuration. Raison économique ou politique, le doute est donc permis. 

 

Enfin, peu si on en croit Lisa Leung Yuk-ming, professeure agrégée du département d’études culturelles à l’Université Lingnan de Hong Kong. Elle a expliqué la proximité de Chung Hwa avec la politique chinoise, il est donc légitime de poser la question d’un lien politique. « Les points de vente dans les aéroports étaient un paradis pour tous les livres controversés sur les membres du gouvernement de Beijing », ces livres rendant compte de la « corruption » ambiante. « La sélection des livres (…) est décidée par les dirigeants de points de vente », ajoute-t-elle. 

 

La décision de réduire les points de vente contraste, par ailleurs, avec des déclarations datant de 2009, lorsque les contrats précédents ont été attribués. Les autorités déclaraient que des enquêtes sur la consommation donnaient des résultats positifs : les livres, les magazines et les journaux avaient fait partie des catégories les plus vendues pour les passagers au départ.

 

(via South China Morning Post