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L'Allemagne interdit la publication d'extraits de Mein Kampf

- 09.03.2012

Edition - Justice - Mein Kampf - interdiction - Allemagne


L'éditeur britannique Peter McGee avait annoncé mi-janvier son intention de publier des extraits contextualisés et éditorialisés du livre d'Adolf Hitler, Mein Kampf. Même si l'on trouve déjà sur la toile différentes traductions de l'ouvrage d'Adolf Hitler, la publication d'extraits est une grande première.

 

Pour l'éditeur britannique, l'intention était surtout de mieux faire connaître la réalité du livre, bien souvent méconnue. Cela permettra de mettre au jour les pensées d'un fou et seule l'analyse est efficace pour faire ressortir la basse qualité de l'ouvrage. Mais c'était sans compter l'opposition ferme de différentes associations, décidées à ne pas laisser passer un tel scandale. (voir notre actualitté)

 

Le ministère des Finances de l'État de Bavière, détenteur des droits, avait également fait pression pour que Peter McGee recule sur son projet. Ce dernier avait alors décidé de s'auto-censurer, et finalement, point de citations dans sa publication à venir. 

 

En parallèle, on apprend que la justice allemande conforte la décision de l'éditeur, après que le tribunal de Munich a décidé de faire interdire le projet de l'éditeur britannique. Selon le tribunal, une telle publication aurait pour effet de servir les intérêts posthumes du dictateur, et la présence d'annotations ne permettrait pas d'invoquer le droit de citation pour justifier la présence des passages en question. 

 

Peter Guntz, président du tribunal, a d'ailleurs statué : l'éditeur aurait puisé de très importants passages, quantitativement, de l'oeuvre. Et les extraits utilisés peuvent se lire sans prendre en compte les annotations, et reproduiraient alors par trop l'ouvrage lui-même, rapporte l'AFP. On entrerait donc dans une infraction caractérisée, et ne participerait donc pas à la réalisation d'une nouvelle oeuvre, comme prévu par la législation.

 

Pour autant, l'éditeur a estimé être lésé par cette décision du tribunal, dont il fera appel en deuxième instance. Ses avocats soulignent que le tribunal se méprend concernant le droit de citation et que, dans le cas d'ouvrages scientifiques, il est possible de s'appuyer plus amplement sur les textes originaux.

 

Dès lors, ce qui est possible dans ce cas de figure doit également l'être pour d'autres publications, celle envisagée par Peter McGee y compris.

 

Cependant, les références à Hitler et son ouvrage se sont multipliées au cours des dernières années, avait démontré Daniel Erk, chercheur spécialisé. Ce qui ne serait pas vraiment une bonne nouvelle. Selon lui, ces références ne font que banaliser le Troisième Reich et surtout, amènent une connaissance d'Hitler plus que superficielle ouvrant la voie à toutes les simplifications abusives.

 

La décision de censurer un ouvrage comme celui prévu par Peter McGee pourrait avoir un autre type d'influence, et pas celle recherchée par l'État de Bavière, qui empêche toute publication du livre, ou réutilisation.