L'Alsace accueillera un parc à thèmes Le Petit Prince - et des ballons

Nicolas Gary - 10.12.2013

Edition - Société - Le petit prince - parc à thèmes - Alsace


Il fallait s'y attendre, le Petit Prince de Saint-Exupéry ne saurait échapper aux produits dérivés. Et c'est en Alsace que la prochaine expression marketing s'opérerait : le fabricant de ballons Aérophile voudrait mettre en place un parc d'attractions aérien, à compter de l'été prochain. 

 

 

 

 

C'est que le ballon n'est pas un outil de déplacement privilégié dans l'oeuvre de Saint-Exupéry : c'est plutôt à l'occasion d'une migration d'oiseaux sauvages que le Petit Prince s'envolera. Et c'est à cause d'un avion en panne que l'aviateur rencontrera le blondinet. Pourtant, les déclinaisons ne manquent pas. Il existe en effet une société qui propose déjà un voyage en montgolfière, Air Petit Prince, située à Châtillon sur Chalaronne, dans l'Ain. 

 

L'idée du parc repose sur la météorite du Petit Prince - et qui a été exploitée dans le cadre d'un musée. Il ne s'agit pas de mettre des montagnes russes pour attirer le trafic ; bien entendu, les éléments classiques des parcs d'attractions seront présents, mais il faut toucher les visiteurs en leur offrant une vision nouvelle et ancienne du Petit Prince. On parle d'ailleurs plutôt « de parc à thèmes que de parc d'attractions ». 

 

Mais voilà, le site du Bioscope, fermé depuis septembre 2012, va ouvrir ses portes cet été 2013 en proposant un parc aérien avec deux ballons captifs et un aérobar - sur le modèle de ce qui se propose au Futuroscope. Les fondateurs de la société Aérophile, Jérôme Giacomoni et Matthieu Gobbi, ont répondu à un appel d'offres que le syndicat mixte du Bioscope, Symbio, a lancé. C'est l'actuel vice-président du conseil général du Haut-Rhin, Michel Habig, qui préside le syndicat.

 

Faire décoller les visiteurs et les emporter dans le monde du Petit Prince, deux intentions louables, ciblant principalement les plus jeunes, avec un fort budget pour assurer sa bonne tenue. Bien entendu, la proximité avec les territoires allemands est importante, et Thomas Rivière, responsable de la marque au sein de la succession que dirige Olivier d'Agay, assure que le projet de parc «  retracera le voyage du Petit Prince, de planète en planète, et ses différentes rencontres ».

 

En version allemande, ce sont 350.000 exemplaires qui chaque année sont vendus, plus qu'en France, insiste-t-il. D'ailleurs, pour ouvrir le parc au plus grand nombre, des citations extraites seront exposées en français, allemand et anglais. Bien entendu, il est question d'exploiter l'image, et en images, le Petit Prince : on trouvera, entre autres animations, un film de douze minutes présentant le personnage en quête de sa rose.

 

 

 

 

On parle de 40 millions € déjà investis par les collectivités publiques, et 10 millions supplémentaires, qui seront ajoutés pour que le projet soit soutenu au mieux. La société Aérophile parviendra-t-elle, là où d'autres ont pu échouer, à faire vivre les lieux, sous l'égide du héros de Saint-Exupéry. Pour Djamila Sonzogni, porte-parole du mouvement Europe-Ecologie Les Verts, « on n'a pas tiré la leçon de l'échec du Bioscope. Au lieu d'installer un nouveau concurrent de l'Écomusée, on aurait peut-être mieux fait de laisser la nature reprendre ses droits sur ce site ».

 

Depuis octobre, la délibération du conseil municipal d'Ungersheim a donné son accord, explique le maire, Jean-Claude Mensh, qui émet toutefois deux réserves. D'abord, une étude d'impact visuel environnemental - du fait des deux ballons captifs, fixés à 35 mètres de hauteur. Il faudra donc qu'un écran végétal préserve le champ visuel des habitants. De son côté, la société Aérophile reprendra un bail de 30 ans, avec une clause de sortie autorisée au terme de trois années. 

 

Les visiteurs pourront profiter d'un paysage magique, insiste Jérôme Giacomoni, avec la Forêt Noire d'Allemagne d'un côté, et les Vosges de l'autre. Des montagnes partout autour de soi, et une vue imprenable.