L'amélioration des offres de reprise de Virgin Stores : tout se complique

Lauren Muyumba - 23.05.2013

Edition - Librairies - Virgin - CGT - Tribunal de Commerce


Mercredi 22 mai, le Comité d'Entreprise de Virgin a approuvé le rapport de l'administrateur qui préconise d'améliorer les offres de reprise. Leur évaluation est indispensable puisque la reprise partielle de Virgin reste d'actualité. Ce jeudi 23 mai, la CGT a donné rendez-vous à 10 h devant le magasin Virgin des Champs-Élysées et à 13 h devant le Tribunal de Commerce de Paris, où va se décider l'évolution du dossier.

 

 

Virgin Mégastore des Champs-Elysées - scène de manifestation

ActuaLitté ((CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Virgin Stores est placé en redressement judiciaire depuis janvier 2013, période où l'entreprise se trouvait en cessation de paiement. Aujourd'hui, la recherche de solutions se poursuit. Mais l'inquiétude persiste aussi. Le représentant CGT du Commerce de Paris décrit les perspectives pour sauver les emplois et les magasins comme étant « très mauvaises ». Il faudra attendre l'audience de cet après-midi pour en savoir plus.

 

Le point positif du moment : l'administration propose un délai de 15 jours supplémentaires pour réfléchir aux alternatives. Le point négatif : « le plan de licenciement est plus important que prévu. 5 millions d'euros c'est insuffisant pour un plan de sauvegarde de l'emploi qui concerne 1 000 salariés », explique Karl Ghazi, le représentant CGT du Commerce de Paris. Les calculs ont été faits : « Le PSE coûterait 15 millions d'euros », indique le représentant de la CGT. Les 5 millions, ils les ont. Il leur manque donc 10 millions d'euros, qui pourraient être comblés par les 7 millions rapportés par les soldes. Encore faut-il que la direction de Virgin le veuille bien, ce qui «est loin d'être gagné », déplore Karl Ghazi.

 

Pourtant, les 7 millions d'euros pour le PSE, les salariés y ont cru un instant, « mais une fois les soldes terminées, on nous a dit l'inverse, que cet argent servirait à rembourser les créanciers », déclare-t-il. La demande des syndicalistes est claire : les 7 millions doivent servir au PSE (plan de sauvegarde de l'emploi). Or, celui de l'an passé, « lorsque l'entreprise n'était pas encore en redressement, avait bien marché. On pourrait réappliquer les mêmes mesures ». Même si l'espoir est de plus en plus ténu, « on ne désespère pas », déclare Karl Ghazi. Le délai prolongé pour une amélioration des offres est source d'optimisme.

 

Une réinsertion complexe à venir

 

La semaine passée, la campagne de déstockage a effrayé : violences, injures, comportements orduriers, tout y était, avec des salariés qui se sentaient bien seuls. « La direction du Virgin de Rouen s'est enfuie une journée après l'ouverture des soldes, et celle du magasin de Montmartre était absente », alors que c'était « une ambiance de folie, il n'y a pas d'autres mots ». Toutefois, les objectifs financiers furent amplement remplis : « Les dirigeants ont arrêté les soldes 1 jour plus tôt que prévu. 7 millions d'euros, c'est le double de ce qu'ils avaient budgété ». Reste alors à se consacrer aux salariés Virgin, au travers du PSE avec deux visées : les indemnités et le recrutement.« La réinsertion dans le marché du travail va être compliquée : le marché est bouché ».

 

D'autant que le jeu des repreneurs a tourné court : Rougier et Plé, magasin de fournitures pour les métiers d'art et les loisirs créatifs, a retiré récemment son offre. Cultura replacerait 60 à 70 salariés (Virgin en compte 1000). Vivarte, prêt-à-porter et chaussures, offre plus de postes, mais s'éloigne de la culture : « Ce serait un changement total de métier les salariés sont réticents, ils ont une vraie passion pour leur métier ».

 

Toute cette histoire n'est pas uniquement un problème ''Virgin''. C'est un défi à envergure nationale. « Le marché des libraires et disquaires est en crise. L'ensemble des libraires de France sont menacés », déclare Karl Ghazi. Le représentant de la CGT ajoute qu'il « va falloir que les hommes politiques prennent des mesures. Nous avons déjà contacté les Ministères, et pour le moment se sont de belles déclarations, mais impuissantes ». Concernant la situation de Virgin Stores, « ni les actionnaires, ni la direction n'ont fait des efforts d'anticipation », regrette-t-il.

 

Hier, les salariés étaient très déçus de la réaction de leurs patrons : Christine Mondollot, PDG de Virgin et son directeur d'exploitation, Marc Pinguet avait refusé tout dialogue. Tous deux absents de la réunion du CE, Mme Mondollot a tout de même fini par pointer le bout de son nez : « C'est l'administrateur qui l'a fait venir », explique Karl Ghazi. La confiance entre les employés et la direction ne semble pas être rétablie. Cela s'est même « dégradé », décrète le représentant CGT. « Mme Mandollot a joué sa propre partition durant le redressement. Je pense que son but était de se maintenir à la tête de l'entreprise ».

 

Suite à l'audience de cet après-midi, Isabelle Clap, chargée de communication chez Virgin, a délivré à ActuaLitté que « la décision des juges est reportée au 10 juin ».

 

Les différents syndicats n'ont pas pu être joints pour l'occasion, de même que la direction de Virgin, qui n'a pour l'instant pas retourné nos appels.