L'Amérique brûlera bientôt ses livres, sa littérature

Clément Solym - 27.11.2014

Edition - International - James Patterson - autodafé livres - promouvoir lecture auteur


Brûler des livres est une tradition que l'on ne rapproche que rarement de la liberté d'expression et des gouvernements démocratiques. Pourtant, James Patterson, l'homme qui fournit des centaines de milliers de dollars aux libraires pour leur venir en aide, a choisi l'autodafé pour sensibiliser... Barack Obama. La campagne #SaveOurBooks s'embrase. 

 

 

 

 

250.000 £ déjà offertes aux libraires britanniques, et un million $ aux libraires américains : James Patterson est prolixe de ses biens. Depuis son site internet, il a diffusé une vidéo aux accents tragiques. En voix off, il commente : « Il y a un autodafé en cours, en Amérique. Vous êtes invités. Et particulièrement les enfants. Vous voyez qu'on ferme vos librairies locales. Qu'on fasse cesser la fermeture des bibliothèques. Les éditeurs sont en train de mourir. La littérature américaine sera la prochaine sur les flammes. »

 

On pourrait difficilement être plus alarmiste. Mais James Patterson est un auteur multimillionnaire, avec une capacité d'écoute puissante. Il lance ainsi une pétition, et invite ses concitoyens à s'engager : si 100.000 signatures sont recueillies, l'administration Obama sera obligée de se pencher sur la question.

 

Mais l'implication dépasse le simple fait de laisser sa signature : les citoyens sont encouragés à écrire à leurs élus. « Nous nous trouvons à un moment charnière de l'histoire. La démocratie dépend d'un électorat qui peut lire et penser de manière critique », insiste le romancier. 

 

Au président américain, il est demandé de se présenter avec un livre, à chaque sortie publique, de se rendre dans des bibliothèques, et y emprunter un livre, pour lui ou pour un proche, et faire savoir sur tous les réseaux possibles que la question de la lecture est une préoccupation première. 

 

Voilà encore 20 ans, précise Patterson, « il y avait près de 10.000 librairies dédiées. Aujourd'hui, il y en a moins de 3000 » sur le territoire américain. Et que, pour rester dans les chiffres, un adolescent moyen « regarde plus de trois heures par jour de divertissements vidéo, alors qu'il lit moins de huit minutes par jour ». Et plus intéressant encore, alors que la population a grandi de 15 % au cours des quatre dernières années, le nombre de bibliothèques n'a connu que 2 % de croissance. 

 

 Plus d'informations sur le site