L'amour existe chez les gays : la famille c'est hétéro uniquement

Nicolas Gary - 06.02.2016

Edition - International - activisme catholique - soumission femme - mari justice


Costanza Miriano occupe une place à part dans l’édition italienne. L’auteure de Sposati et sii sottomessa (Marie-toi et sois soumise : si, si une maison l’a traduite, Le Centurion) a écoulé 150.000 exemplaires en Italie. Puis elle a récidivé avec Sposala et muori per lei (Épouse-la et meurs pour elle, chez le même éditeur). Deux ouvrages dont la littérature mondiale n’aurait su se passer, évidemment, et qui provoquent des fous rires, chez les plus cyniques... Il suffisait d'attendre les interventions de l'auteure pour s'étrangler de rire.

 

Costanza Miriano

Lafiguradelpadre Congreso, CC BY 2.0

 


La journaliste, depuis 2011, poursuit une belle carrière d’auteure : véritables best-sellers, ses ouvrages n’ont aucun recul. Pratique extrême pour femmes ardentes, dévoile le premier quand le second assure : Des hommes vrais pour des femmes sans peur ! Tout un programme, qu’une pétition proposait de faire cesser, tant la mascarade virait au grotesque

 

L'activisme catholique intégriste en action

 

Si près de 23.500 personnes ont signé, l’auteure n’en poursuit pas moins son bonhomme de chemin. Journaliste, certes, mais avant toute chose catholique activiste très impliquée, Miriano a fait des siennes à l’occasion de la Family Day, en Italie. C’est que la famille, affirme-t-elle, est un concept que l’on ne négocie pas : « C’est un concept préchrétien, qui se compose d’un homme et d’une femme, d’ancêtres et d’enfants. » Bien sûr, il existe des couples qui ne peuvent pas avoir d’enfants, mais ces derniers restent l’essentiel de la famille. 

 

Et elle poursuit : « Les couples homosexuels ne peuvent pas avoir d’enfants. S’ils y parviennent, ils modifient la réalité et renversent le droit. À ce moment, nous devons protéger les enfants. » Seule la mère, en bonne et due forme, et après fécondation dans le cadre des liens sacrés du mariage – et uniquement en dehors des horaires de travail ! – peut porter et donner la vie. 

 

« L’amour appartient aussi aux gays. Mais la famille, jamais », embraye-t-elle : un couple homo ne pourra jamais garantir la sérénité à des enfants. Quand ces derniers découvrent la vérité, « cela provoque des dommages et des souffrances ». Tout cela est connu, on retrouve ce type de déclarations chez les opposants au Mariage pour tous, mais Costanza va franchir le mur du son.

 

Si la mère est la conceptrice – allons-y, la matrice... – elle n’est pas « un concept anthropologique », réfute la journaliste, qui serait variable selon les cultures. Et dans la bataille pour l’accès à l’adoption, les couples homosexuels, hommes, évidemment, ne cherchent en réalité qu’à être considérés comme les autres membres de la société, estime Costanza. 

 

Conclusion : les couples gays s’appuieraient sur l’adoption, entre autres, pour entrer dans une certaine normalité. (via Linkiesta)

 

Quelques vérités sur le mensonge

 

L’écrivain, réalisateur et enseignant italien, Riccardo Lestini, a tenté de mettre en relation la capacité de nuisance alors exercée par Costanza Miriano. C’est que dans un passage télé, suivant un reportage sur un couple gay qui avait adopté, elle commentait : « Je ne vois pas de famille, mais juste un endroit où vivent trois enfants privés de leur mère. Le premier des droits dont ces enfants ont été privés, est celui à un père est une mère. » D’ici à entendre qu’il existe une famille naturelle, nous ne sommes pas loin...

 

Constanza Miriano, la Barbie del vaticano

Evelio Gomez, CC BY NC 2.0

 

 

Lestini revient alors sur plusieurs points : dernièrement, à Palerme, un tribunal a considéré que tripoter une femme, sur son lieu de travail, n’était pas un crime. En fait, le juge a rejeté une plainte, considérant l’absence d’infraction : il y voyait plus comme « un geste résultant d’une attitude inappropriée, une blague immature ». Un attouchement, résultant d’une forme de harcèlement sexuel, ne serait donc qu’un comportement puéril, sans conséquence.

 

Dans le même temps, une femme, dans la région de Latina, a été dénoncée par son mari, et poursuivie pour violence domestique. L’accusée, de 42 ans, faisait subir à son époux de mauvais traitements, à savoir qu’elle « ne nettoyait pas régulièrement la maison et ne préparait pas le dîner à son mari ». Elle risque entre deux et six ans de prison, si elle est condamnée. 

 

Autre exemple : à Catagne, en Sicile, une femme a été étranglée par son mari, devant leur fils de quatre ans. Et c’est dans ce contexte que le livre de Costanza Miriano réalise des ventes par dizaines de milliers. Il revient alors sur cette déclaration, durant le Family Day : « Reprenons ce rôle que nous avons oublié pour nous émanciper, redevenons ces femmes capables d’être accueillantes et si nous y parvenons, nos maris seront alors capables de grandeur. » 

 

Conclusion de l’écrivain : « Je suis fatigué d’avoir honte d’être un homme. »