L'Angleterre interdit aux criminels le gain d'argent avec leur biographie

Clément Solym - 16.01.2009

Edition - Société - biographie - argent - criminel


La question agite l'Angleterre au point que la Publishers Association (équivalent de notre SNE) ait dû se prononcer sur la situation. Tout pourrait puiser ses racines dans l'arrestation de Victor Martin, qui depuis sa prison avait rédigé un roman, racontant sa vie de criminel et de gangster. Mais l'administration ne l'avait pas accepté, et les textes sont nets : « La loi interdit de mener une activité commerciale depuis la prison. Même de l'écriture. »

So dont acte. L'Angleterre avait donc suivi le mouvement, en envisageant que les criminels n'aient pas le droit de gagner d'argent avec le récit de leurs aventures, et le gouvernement entendrait bien censurer ces malfrats. Oui, mais... N'oublions pas que Nelson Mandela a fait de la prison : faut-il pour autant interdire qu'il publie ses mémoires ? De toute manière, c'est déjà fait, mais pour les autres ?

Eh bien le syndicat y répond avec un humour typique : ce serait en effet la mesure « la moins pire » que le gouvernement a prise ces derniers temps. De fait, annoncée hier, la mesure est destinée à empêcher les criminels, sans distinction entre larcin ou meurtre, de tirer profit financièrement de leurs crimes. Il aura fallu deux ans de concertation pour y parvenir.

Pourtant, Simon Juden, le directeur de la PA aurait préféré que rien ne soit décidé dans ce sens : il est utile pour la société que ces personnes puissent raconter leur histoire, afin que l'on comprenne les comportements criminels précisait-il. Et de citer le livre de Sean O'Callaghan, ancien informateur de l'IRA, dont les révélations furent pourtant d'un « immense intérêt public ».

Mais si un criminel passe par un biographe, et n'écrit plus strictement ses mémoires qu'est-ce que la loi proposera ? Pour le moment, un grand blanc, et les décisions resteront à la discrétion du ministère de la Justice. Seul bon point d'ailleurs dans cette affaire, estime Simon, l'éditeur ne sera aucunement tenu pour responsable...