L'année 2019 s'achève sur une note amère chez Interforum

Nicolas Gary - 20.12.2019

Edition - Société - Interforum Editis diffusion - représentants plan rémunération - société salaires primes


Dans le cadre du réaménagement de la structure Editis, la PDG Michèle Benbunan a fait part, le 9 décembre, de ses décisions. Une évolution du groupe qui passe par la création de plusieurs directions, cinq en tout, toutes rattachées à la direction générale. Concernant Interforum, la filiale de diffusion-distribution, elle en assurerait elle-même la direction. Avec quelles perspectives pour les représentants ?

interforum
ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Eric Levy, ActuaLitté l’avait annoncé en exclusivité, quittera ses fonctions de président d’Interforum et de directeur des opérations mi-janvier. Anticipant ce départ, Michèle Benbunan a voulu donner plus de poids dans la balance à Marie-Pierre Sangouard, en lui confiant la direction de la diffusion.

« Elle aura pour mission d’accélérer la mutation de la diffusion vers plus de personnalisation et de proximité avec les éditeurs et les clients. Elle regroupera la diffusion France, Suisse, Belgique et Canada », indiquait la PDG dans un courrier aux équipes. L’information avait été éventée quelques heures plus tôt par les Échos, qui dévoilaient les grands lignes du projet.
 

Négociations, promesses et réalité


Et parmi les dossiers les plus chauds, celui du plan de rémunération, qui avait été largement discuté avec Pierre Conte, ex-PDG d’Editis, parti le 30 septembre dernier. Rappelons que pour arriver à se faire entendre de la direction, les représentants avaient déclenché en juin un débrayage totalement inédit, contraignant l’ex-patron à se déplacer sur Ivry pour rencontrer les salariés.

« Depuis le 11 septembre, quatre réunions type “groupe de travail” ont eu lieu », nous assure une salariée d’Interforum. Et le 3 octobre dernier, les souhaits du personnel concernant le plan de rémunération étaient présentés à la direction, « qui devait nous revenir sous quelques jours ». Au 29 novembre, lors d’une nouvelle réunion avec les responsables RH, toujours rien. 

« Toute la question était de savoir comment les engagement pris par la précédente direction seraient considérés – respectés ou non. Nous avons été rapidement fixés, et pas pour le mieux. » Si un calendrier avait été défini, le suivre n’est pas devenu une obligation pour les interlocuteurs. Fin novembre, les équipes envisageaient d’ailleurs de réitérer leur mouvement de juin, avec « une action plus virulente ». Finalement, les grèves dans le pays auront réussi à desservir la grève envisagée chez Interforum. 

Entre l’immobilisme des interlocuteurs, les engagements de la précédente direction et la position de la nouvelle, les salariés se trouvent alors pris entre les marteaux et l’enclume. Jusqu’à la réunion du 12 décembre, « qui a occasionné quelques échanges assez vigoureux, et nous a obligé à prendre le taureau par les cornes pour obtenir gain de cause… sur des points logiquement déjà acquis ». 
 

Changement de direction(s)


Parce qu’il ne saurait y avoir que du négatif dans toute cette affaire, les primes sont revues et corrigées avec une meilleure répartition. Cependant, « Vivendi demande des ajustements, et une partie de nos échanges de la rentrée ont été écartés, voire renvoyés aux Calendes grecques ». D’avis du personnel, « nous avions eu six mois de négociations insuffisantes, mais encourageantes : là, c’était clairement un mauvais signal envoyé ».

Et ce, alors que la direction assure qu’elle ne pourra pas mieux faire : discours durci, recherche de rentabilité plus marquée… 

« Quand ils se sont aperçus, en juin, que le rapport de force allait pencher de notre côté, les choses ont avancé et la direction a manifesté une certaine dose de bonne volonté », reprend un salarié. « Mais depuis, on nous a clairement expliqué que les engagements de Pierre Conte n’étaient pas ceux de Michèle Benbunan. » 

Et tant pis pour les promesses. « Un comble tout de même : les négociations ne se sont pas déroulées avec en face une personne, mais avec une structure juridique, qu’importe qui la dirige. » Presque. Ou pas.

« La difficulté, c’est que ces gens manifestent arrogance et mépris, avec une violence qui est parfois à la limite du supportable. Ils plaident que nous travaillons au sein d’un grand groupe, mais nous ne demandons qu’une chose : qu’ils nous le prouvent », renchérit une salariée. 
 
Dans les équipes, on souligne la surcharge de travail, « doublée de la quasi-assurance de ne pas percevoir de prime : sur les 20 représentants de l’équipe hyper et proxi, ils sont deux, quatre maximum à pouvoir l’espérer », nous précise-t-on. Avec un plan de rémunération présenté officiellement ce 20 décembre, qui « n’apporte pas des perspectives très motivantes », les équipes abordent les fêtes avec amertume.

« C’est un revirement terrible, après six mois où l’on n’aura pas obtenu beaucoup, certes, mais le personnel semblait encore avoir de l’importance. Désormais, on sait que ce grand groupe auquel nous appartenons ne rend de compte qu’à ses actionnaires : les salariés, eux… », indique un représentant. 

« S’entendre dire par la nouvelle directrice que Pierre Conte s’était montré bien trop généreux, avec cette volonté de mettre un terme aux échanges, c’est toute une philosophie que l’on découvre. Le problème est que si les éditeurs du groupe eux-mêmes ne viennent pas se plaindre de ce que cette nouvelle organisation va plomber leurs propres perspectives, alors on se sent seuls. »
 

Joyeux Noël, Félix !


Le point d’orgue de la semaine écoulée, ce fut ce lundi 16 et la « soirée de Noël, en quelque sorte, que l’on nous proposait de passer “en famille”. Ça aurait donné l’occasion à la PDG de se présenter aux équipes, mais ni elle ni Sangouard n’étaient présentes en fin de compte. Alors 100 € d’augmentation, on nous claque la porte au nez, mais pour un dîner luxe — sans cadeau ni boîte de chocolat cependant — il y a des ressources », déplore une salariée présente.

« Pas le même budget, pas les mêmes lignes de dépenses », rétorque-t-on. L’année se finit avec quelques rancœurs chez Interforum, et n’augure rien de bon pour 2020…

Pendant ce temps, dans l’entrepôt de Ballainvilliers que gère actuellement Interforum, on apprend qu’une cellule sera investie (y compris économiquement), par MDS, la filiale diffusion de Média participations. « 5000 emplacements à faible rotation, ça veut dire quoi ? », s’interroge un représentant. Réponse à chercher du côté du rachat de Seuil-La Martinière par la société de Vincent Montagne, certainement…


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.