L'arbre d'Anne Frank a été terrassé, d'un coup de vent mauvais

Clément Solym - 24.08.2010

Edition - Société - anne - frank - Arbre


Ce n’était pas n’importe quel arbre. Un marronnier d’Amsterdam qui avait eu le privilège de divertir un petit génie de l’écriture qui s’ennuyait. L’arbre qui a tant compté dans la courte vie d’Anne Frank n’est plus. Souvenir vivant de la cache d’Anne, ses parents, l’arbre était menacé de coupe depuis plusieurs années en raison de son état.

Le fungus, une maladie arboricole rongeait l’arbre avec le risque de voir s’écrouler les 24 tonnes de bois dans la cour fortement fréquentée, en raison de sa reconversion en musée. Sans oublier une variété de papillon de nuit qui affaiblissait.

En 2007, la situation fait le tour du monde quand les pouvoirs publics d’Amsterdam décident de mettre un terme au danger en l’abattant. Face aux vagues de protestations des admirateurs de la petite écrivaine, la municipalité cède.

En janvier 2008, ce grand marronnier, immortalisé par la petite Anne, connaissait toujours ces problèmes de parasites divers et variés qui menaçaient sa survie. Il représentait un risque pour les chalands désireux de s’offrir un peu de rêverie à son ombre (il pèse tout de même 27 tonnes). Après moult péripéties judiciaires mettant en scène les pro-abattages, les défenseurs du marronnier, le propriétaire, et la municipalité, l’arbre aurait dû être abattu le 30 janvier 2008.

La fondation Anne Frank était alors intervenue, en avril 2008. « Ce n'est pas qu'un arbre. Il est lié à l'histoire dramatique de la persécution des juifs à Amsterdam et à Anne Frank. Il était la seule chose qu'elle apercevait du monde extérieur. » Sauvant par la même l'arbre.

Le châtaignier est enserré dans une chape d’acier, comme une atèle sur une jambe gangrénée. Le temps venteux de lundi aura finalement eu raison du symbole. Dans sa chute l’arbre a endommagé plusieurs jardins privatifs sans toutefois faire de blessés. Délicate révérence.


(crédits photos Wikipédia)