L'assistante de Mandela accuse sa famille de "manigances"

Antoine Oury - 16.06.2014

Edition - Société - Nelson Mandela - Zelda la Grange - mémoires


Quelques mois après le deuil, les mémoires de la femme de confiance de Nelson Mandela, Zelda la Grange, lèvent le voile sur les derniers mois de Madiba, révélant le comportement de sa famille et de son entourage, qualifié d'« irrespectueux ». Des manigances auraient assombri les derniers jours du leader sud-africain, ce que la famille de Mandela réfute.

 


Nelson Mandela

Nelson Mandela, en 2008, à Johannesburg (South Africa The Good News, CC BY 2.0)

 

 

Good Morning Mr Mandela : pour la maison d'édition Viking, l'ouvrage se présente comme un enjeu éditorial sans précédent, d'autant plus que sa publication est précédée d'une polémique familiale et politique. L'auteure, Zelda la Grange, assistante de Nelson Mandela devenue une femme de confiance pour le leader, décrit en effet les derniers jours du leader, sur fond d'intrigues et de manigances familiales.

 

« Je ne connais aucune personne vivante traitée avec une telle absence de respect que Mme Machel », souligne ainsi la Grange. La famille de Madiba aurait d'après elle développé une hiérarchie clanique, mettant de côté ceux qui n'en faisaient pas partie. La veuve de Nelson Mandela, Graça Machel, aurait ainsi dû demander des accréditations pour assister aux obsèques de son mari, tant la famille de Mandela l'aurait tenue à l'écart.

 

La Grange évoque un autre épisode : en juin 2013, les premiers signes alarmants quant à l'état de santé du leader se présentent, et une ambulance évacue Madiba vers un hôpital. Sur le trajet, le véhicule tombe en panne, et l'épouse du président s'inquiète et s'agace de l'inefficacité des secours : ses protestations lui auraient valu le surnom de « Madame Frénésie », de la part de la fille aînée de Mandela, Makaziwe.

 

Cette dernière, après la publication de quelques pages de Good Morning Mr Mandela dans le Sunday Times, a déclaré que l'ancienne assistante de Mandela devrait prouver ses dires, sans quoi elle serait « poursuivie en justice », rapporte l'AFP.

 

« Mon livre n'est pas un récit définitif, comme pour dire "ceci est Madiba". Je raconte juste mon expérience », a simplement répondu Zelda la Grange. Née en 1970, au sein d'une famille blanche plutôt hostile à Mandela et favorable à l'apartheid, elle a rencontré le président en 1996, pour devenir son assistante.

 

« J'ai dit: 'bonjour M. Mandela', avant d'éclater en larmes. Je me suis sentie coupable lorsque cet homme à la voix douce, aux yeux bons et doté d'un esprit généreux m'a parlé dans ma langue après que mon peuple l'avait emprisonné pendant toutes ces longues années », se souvient-elle, à propos de cette première rencontre.

 

L'ouvrage sera publié en France par les éditions Kero, le 23 juin prochain.