L'Association des correcteurs de langue française ouvre ses adhésions

Antoine Oury - 20.07.2018

Edition - Société - Association correcteurs langue française - association correcteurs - ACLF correcteurs


Créée en mars 2018, l'Association des correcteurs de langue française ouvre désormais ses adhésions. Association indépendante et apolitique, l'ACLF accueille les correcteurs professionnels, sous certaines conditions et après leur adhésion à un code de déontologie en 6 points, qui insiste sur les droits et devoirs du correcteur.


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(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)



Quelques mois après sa création, l'Association des correcteurs de langue française a officiellement ouvert ses adhésions, en communiquant les conditions et un code de déontologie.

 

Pour adhérer à l’ACLF, il faut être un correcteur professionnel, ce qui implique :

 

  • d’avoir suivi une formation de correcteur dispensée par l’un des organismes suivants : Formacom, Estienne, CEC, Asfored, EMI-CFD* 
  • d’être ou d’avoir été employé en tant que correcteur pendant au moins trois ans (derniers bulletins de salaire des années concernées à l’appui) 
  • ou
  • d’être correcteur indépendant pouvant justifier de trois années d’activité continue (listes de clients, factures, attestations ou autres documents significatifs à l’appui).

 

La cotisation annuelle à l'association s'élève à 40 €.

 

« Nous sommes tous attachés à une certaine qualité de l'écrit, et c'est la correction que nous voulons défendre, en même temps que nos conditions de vie » nous précisait la présidente de l'association, Solène Bouton. Dans sa présentation, l'association persiste et signe : « L’ACLF entend que les correcteurs conservent leur indispensable place dans la chaîne de production de l’écrit et dans des secteurs économiques en pleine mutation. »

 

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Un code de déontologie, dont la signature est obligatoire par tout adhérent, témoigne de ce souci. On y trouve développé 6 points que les correcteurs s'engagent à respecter et appliquer, dont le respect de la confidentialité de l'écrit, la courtoisie vis-à-vis de l'auteur ou le travail en bonne intelligence avec le donneur d'ouvrages.

Une charte des bonnes pratiques du métier devrait bientôt suivre, pour les correcteurs et les donneurs d'ouvrages.

Plus d'informations sur le site de l'ACLF.




Commentaires

Il y a une attente et un besoin à satisfaire et une association est une vraie réponse. On peut en revanche rester perplexe devant la forte sélectivité des critères d'adhésion, qui restreint sensiblement le potentiel d'adhérents. C'est assez loin d'une association d'intérêt général – au sens de la loi de 1901 – et n'ouvre pas la porte aux formes nouvelles de formation ou d'exercice de la profession. Cet entre-soi corporatiste pourrait même être mal compris. Il ne va en tout cas pas dans le sens d'une meilleure perception de l'activité par l'extérieur : pas de place pour les candidats au métier, pour les étrangers, pour les francs-tireurs (comme moi) ou pour les simples observateurs intéressés par cette activité. L'association annonce certes des dérogations au cas par cas, mais c'est bien le principe qui pose problème. Dommage à mon sens de gâcher ainsi l'occasion d'élargir la palette et de donner un lustre nouveau et offensif à cette activité.
Bonjour,

J’attendais avec impatience l’ouverture d’adhésions, c’est chose faite ! Cependant, l’une des conditions pour adhérer à l’association est embarrassante. Entre autres qualifications, la déontologie d’un correcteur professionnel implique la confidentialité, et c’est incontournable. Comment alors pourrait-il, afin d’adhérer, révéler les noms de ses clients, ou présenter les factures desdits clients sans déroger à son devoir de conduite ?



Après avoir lu le premier commentaire déposé, moi aussi, je suis perplexe. Quelles sont donc ces « nouvelles formes de formation ou d’exercice » ? D’autre part, quels seraient les bénéfices de cette adhésion pour « les candidats au métier, les étrangers » ? Pour avoir eu affaire à des pseudo-correcteurs, que nous avons (les correcteurs) surnommé « les corrigeouilleurs », nous constatons que ces derniers sont de plus en plus nombreux sur la Toile. La plupart d’entre eux pratiquent des tarifs défiant toute concurrence, interceptant ainsi l'activité des professionnels. Donc, ces adhésions ne doivent concerner que les professionnels, car dans le cas contraire, le nom « Association des correcteurs de France », n’aurait aucune raison d’être.

En espérant n’avoir froissé personne.
Pour répondre à vos remarques :

1. La formation à la correction passe de moins en moins par les organismes professionnels et de manière croissante par des moyens issus de la société numérique. Cela concerne tant de secteurs. Ce qui manque, c'est un diplôme sanctionnant le niveau atteint (comme au Québec par exemple) ;

2. Ce métier s'exerce de moins en moins comme salarié pour un éditeur traditionnel ou un périodique, entreprises bouleversées par l'économie numérique. L'autoédition explose, les demandes non formatées aussi. La demande de contrôle ou d'amélioration des écrits est forte, mais l'offre en face désorganisée.

3. Si l'ACLF se ferme sur la minorité traditionnelle, elle ne verra rien des changements et sera un simple syndicat professionnel. Si elle adopte une position ouverte, elle verra les comportements et les tendances, elle pourra agir en conséquence.

4. Dans ACLF, j'ai lu « langue française", pas « de France ». Wallons et Suisses romands seront ravis d'échanger avec leurs homologues de l'Hexagone et le retentissement n'en sera que meilleur.



J'ai fait part de mes remarques à l'ACLF, sans réponse à ce jour. Je ne prendrais pas tant de temps à m'exprimer si je n'estimais pas que ce métier remarquable était en danger majeur. L'intelligence artificielle, qui va supprimer des millions de postes, aura tôt fait de manger crus ceux qui ne savent pas anticiper.

En attendant, on peut toujours prendre le thé, mais ce n'est pas la tasse que je veux boire… wink
Agrégé des lettres (classiques), suis-je incapable d'être un bon correcteur ?

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