Turquie : "Une attaque barbare de l'idée même de civilisation"

Antoine Oury - 09.09.2015

Edition - International - Turquie - IPA - Ahmet Davutoglu


La violence est montée d'un cran en Turquie depuis le début de la semaine : en représailles aux actions des rebelles kurdes turcs du PKK, organisation kurde armée partisante de l'indépendance, des soutiens du gouvernement et autres nationalistes ont mené des actions de destruction massive. Le parti prokurde a été visé, ainsi que le journal Hürriyet et d'autres symboles critiques envers le président Erdogan. L'IPA, association internationale des éditeurs, demande au chef du pays de condamner ces représailles.

 

PM discusses terrorism with Turkish counterpart

Le président Erdogan, en compagnie de David Cameron, Premier ministre britannique

(Number 10, CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

Les scènes de violence se sont multipliées, et l'IPA rappelle que les locaux d'une rédaction ont été visés à Istanbul, et une librairie complètement incendiée, à Kırşehir, à environ 140 kilomètres au sud-est de la capitale. « Ces attaques fanatiques contre des institutions qui sont nos moyens d'accéder à l'information et à la culture ne peuvent en aucun cas être légitimées », souligne Metin Celal Zeynioglu, président de l'association des éditeurs turcs. L'État, au contraire, devrait tout mettre en œuvre pour protéger ces lieux.

 

José Borghino, secrétaire général de l'IPA, va plus loin : « Ce qui est pire, c'est que ces incidents font partie d'un programme d'intimidation, de menace et d'attaque dirigé contre des catégories médiatiques ou de la société civile qui sont en désaccord avec le parti au pouvoir [Parti de la justice et du développement ou AKP, NdR]. Les coupables doivent être poursuivis et condamnés. Mais le pouvoir préfère se voiler la face. »

 

L'organisation internationale demande donc solennellement au Premier ministre turc, Ahmet Davutoğlu, de condamner ces attaques.