L’AuRoSS, le robot qui serait en train de remplacer les bibliothécaires ?

Joséphine Leroy - 13.06.2016

Edition - Bibliothèques - robots bibliothèque numérique - chercheurs technologie robot - bibliothèque Singapour high-tech


L’accès automatisé et le téléchargement de l’information sont, à l’ère numérique, devenu monnaie courante. Néanmoins, en bibliothèque, les technologies de pointe ne sont jamais parvenues à remplacer l'homme : trier et ranger les livres sur les étagères, vérifier que tout le contenu du catalogue est en ordre et le mettre continuellement à jour s’avère être un travail fastidieux que l’on ne peut pas confier à un non-professionnel. Mais peut-on le confier à un robot ? C’est ce qu’ont tenté de faire des chercheurs de l’Agency for Science Technology and Research (A*STAR), implantée à Singapour. 

 

Robot lecteur (robot reading)

(ActuaLitté / CC BY-SA 2.0)

 

 

Les chercheurs qui répondent aux noms de Rejun Li, Zhiyong Huang, Ernest Kurniawan et Chin Keong, ont voulu élaborer un robot qui retranscrit, comme le ferait un bibliothécaire, les livres manquants ou mal placés. Grâce aux procédés d’identification RFID — Radio Frequency Identification —, les machines reconnaissent chaque exemplaire présent dans les collections. Des code-barres permettent de les enregistrer un par un, en référence au catalogue de la bibliothèque. Le système fonctionne par « rayons intelligents ».

 

Les rayons intelligents sont remplis de radars qui détectent le retrait ou le retour des livres. Tout, bien sûr, ne peut pas être automatisé actuellement et certaines fonctionnalités nécessitent encore une approche manuelle. 

 

L’intention des chercheurs, avec ce projet intitulé AuRoss, est de faciliter le travail des bibliothécaires, non de leur trouver un substitut. Le robot, en parcourant les allées d’une bibliothèque après sa fermeture, serait capable de faire un compte rendu des ouvrages manquants ou mal rangés. L’élaboration d'un tel système est complexe : Rejun Li, l’un des chercheurs, explique qu’il faudrait un robot aux dimensions importantes, capable d’atteindre les limites des rayons.

 

Une autre difficulté — et non des moindres — est de faire en sorte que le robot reste à une distance moyenne des rayons. « Trop loin, nous perdons les signaux RFID et trop près, l’antenne robotique percute les étagères », précise-t-il. 

 

La logistique des bibliothèques complique aussi la tâche des chercheurs. Si l’aménagement interne d’une bibliothèque est suffisamment clair pour les hommes, elle l’est beaucoup moins pour un robot. Il faudrait, pour cela, parvenir à ce que le robot intègre un plan général. Les chercheurs ont préféré une autre approche : « Nous avons décidé qu’il était plus simple que le robot détecte les surfaces des étagères elles-mêmes, et de les utiliser comme références pour que le robot trouve son chemin. »  

 

Pour que le contenu des étagères s’actualise en temps réel, les chercheurs ont assemblé des pièces qui mettent en mouvement le robot sous forme de branche ou bras robotique. Le « bras » du robot bouge et utilise des capteurs à ultrasons pour positionner une antenne RFID qui scanne les livres, tout en gardant une distance optimale avec les étagères. Le robot mesure les erreurs et alimente ces données dans la base de navigation, afin de prévenir et anticiper les changements de direction. 

 

Les essais à Singapour ont révélé que l’AuRoSS était capable, dans 99 % des cas, de réussir à reconnaître les livres : « Lors de la rouverture de la bibliothèque publique Pasir Ris, nous avons organisé une démonstration publique et nous avons reçu des réactions très positives. »Les chercheurs, qui travaillent à l'Institute for Incomm Research, en sont pour le moment à la phase expérimentale du projet : « Nous améliorons la viabilité et les capacités d’analyse de la machine. »