"Claude Mercadié n’imaginait pas la qualité de son théâtre"

Julie Torterolo - 25.09.2015

Edition - Société - Claude Mercadié - librairie théâtrale - Christophe Mory


Ancien journaliste à Nice Matin « à la carrure de Rubgyman », Claude Mercadié écrivait des pièces de théâtre. À 86 ans, sa volonté de se faire connaître le pousse dans les bureaux de Christophe Mory. Le directeur de la librairie théâtrale à Paris est alors frappé par la « qualité de ses pièces » et le publie par la suite, depuis 2011. Dans la nuit de lundi, Claude Mercadié est décédé, en laissant derrière lui un grand nombre de manuscrits à la « qualité insoupçonnée ».

 

Claude Mercadié, photo prise par Christophe Mory

 

 

« Il n’imaginait pas la qualité de son théâtre, il pensait être un écrivain du dimanche ». Lorsque l’on interroge Christophe Mory, directeur de la Librairie Théâtrale, les compliments fusent. « Il est arrivé dans mon bureau il y a 4 ans, il m’avait téléphoné en me disant qu’il écrivait des pièces. Quand vous me verrez vous comprendrez, je suis pressé… J’ai 86 ans, m’avait-il expliqué », confie Christophe Mory à ActuaLitté. 

 

Cet ancien rédacteur en chef à Nice Matin, « à la peau bronzée, la carrure de rugbyman , l’accent du sud et surtout, le regard bienveillant » nous assure Christophe Mory, écrivait des pièces de théâtre pour le plaisir. Il en avait publié quelques-unes au niveau régional comme Le projet afghan aux éditions Ecailler du sud en 2006 ou encore Carré de femmes chez Art et Comédie en 2011, « sans soupçonner qu’il pouvait être un grand auteur de théâtre ». La compagnie Naphralytep, de Fontainebleau s’était d’ailleurs éprise de ces pièces et avait joué une demi-douzaine d'entre elles, telle L’improbable pardon.

 

L’improbable pardon fut le premier texte lu et publié par Christophe Mory. Il l’a alors immédiatement montré à des professionnels du théâtre telle que Murielle Mayette de la Comédie Française. « Ils m’ont tous dit qu’il y avait urgence sur cette pièce, qu’elle était d’une grande qualité. Ce fut le cas pour ses autres manuscrits également », nous explique-t-il. La Librairie Théâtrale a ainsi publié 4 pièces de Claude Mercadié. « Ce sont toujours des pièces contemporaines avec des thèmes forts comme L'insoumise qui parle de la situation des femmes espagnoles sous Franco. Il m’a confié ses manuscrits, j’en ai encore 3 ou 4 dans le placard », nous explique Christphe Mory, son éditeur.

 

« Il pensait que l’écriture théâtrale était ce qui se rapprochait le plus de l’écriture journalistique. Ses pièces, tels des faits-divers, ont des rebondissements toutes les 5 minutes », continue-t-il. « Il est venu se faire publier alors qu’il était âgé car c’était en homme du sud, amoureux du soleil et de sa femme espagnole et de ses trois filles. Il ne connaissait pas les rouages du théâtre parisien. Rien n’est signé, mais dans les années qui viennent, ses pièces seront jouées à Paris », nous assure Christophe Mory.  

 

Claude Mercadié est décédé lundi dernier, en laissant derrière lui un grand nombre de manuscrits à la « qualité insoupçonnée ».

 

Il s’était même lancé dans l’aventure internautique, suivant les conseils d’un proche : « Un ami m’a suggéré une présentation sur Internet de tout ou partie de l’acte 1 de chacun de mes ouvrages. Mieux, il s’est chargé lui-même de la mise en place sur mon site, de tout ce système compliqué. On trouvera même l’intégralité d’une comédie déjà représentée mais non publiée : “La randonnée des sources”. 

 

Je me sens un peu, aujourd’hui, comme un pécheur qui plonge sa ligne dans l’eau. Mordra ? Mordra pas ? Passionnant ! Le voyage d’un auteur est un long cheminement. Être lu, être joué, être édité en sont les étapes. Reste l’aboutissement : l’acceptation du public. Encore faut-il aller vers lui. Voilà qui est fait. »

 


Pour approfondir

Editeur : L'oeil du Prince
Genre : theatre
Total pages : 68
Traducteur :
ISBN : 9782351050965

Subway blues

de Claude Mercadié

2 ou 3 f. - 2 ou 1 h. - Décor : une salle d'attente - Durée : 1h15.

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