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L'auteur de Dragon Ball, Akira Toriyama, épinglé dans les Paradise Papers

Antoine Oury - 07.11.2017

Edition - International - Akira Toriyama - Toriyama Paradise Papers - Dragon Ball Paradise Papers


Le Consortium international des journalistes d'investigation redonne des sueurs froides aux imposables un peu trop enclins à optimiser leurs cotisations : les Paradise Papers viennent prolonger le feuilleton entamé avec les Panama Papers, en révélant les paradis fiscaux prisés des grandes fortunes. Dans les documents étudiés par les journalistes, le nom du mangaka Akira Toriyama, créateur de Dragon Ball et Dr. Slump, a rapidement attiré l'attention.



 

C'est à partir des années 1980 qu'Akira Toriyama devient une référence parmi les mangaka japonais, avec Dr. Slump, publié Weekly Shōnen Jump. Quatre ans plus tard, sa carrière s'envole sur un petit nuage aux côtés de Son Goku, le personnage principal de sa série Dragon Ball, mondialement célèbre. Depuis, séries dérivées, animes, films, jeu vidéo et des milliers d'autres produits assurent à Toriyama une fortune considérable.

 

Très discret, Toriyama se serait sans doute volontiers passé de cette publicité : son nom apparaît en effet dans les documents envoyés par une source anonyme au journal allemand Süddeutsche Zeitung. 13 millions de fichiers confidentiels sont exhumés, tirés des dossiers de cabinets d'avocats spécialisés, ou encore des registres de sociétés hébergées dans des paradis fiscaux.

 

Industriels, politiques, célébrités et artistes, donc, se retrouvent cités dans ces fichiers : pour Akira Toriyama, rapporte l'Asahi Shimbun, le montage financier utilisé pour réduire les impôts dûs s'appuie sur une société immobilière américaine, dont les documents proviennent du cabinet d'avocats Appleby, basé dans plusieurs paradis fiscaux.

 

L'optimisation fiscale manipule au profit des intéressés la volatilité du marché immobilier en utilisant une société-écran pour acheter des biens à l'aide de fonds d'investissements et de prêts. Les investisseurs, qui bénéficient in fine du système, déclarent alors les pertes financières liées à l'acquisition de ces biens — comme la dépréciation de la propriété liée à la conjoncture immobilière — avec leurs revenus réalisés par ailleurs. Au final, le résultat, moins élevé, permet de réduire ses impôts.

 

Dès 2005, cette méthode avait été jugée frauduleuse et apparentée à de l'évasion fiscale par la justice américaine. Cela dit, et c'est la ligne de défense employée par nombre de personnalités liées à ces révélations, la plupart de ces montages fiscaux sont légaux, car ils s'appuient sur des failles des légalisations en vigueur, ou sur des dispositions spécifiques à certains pays, les paradis fiscaux.

 

Jacques Glénat affirme ne pas être lié
au scandale des Panama Papers

 

Interrogé, Toriyama n'a pas souhaité s'exprimer : « Étant donné mon programme très chargé chaque jour, je confie à un tiers toutes les questions fiscales, et je ne peux donc pas vraiment m'exprimer sur le sujet », a-t-il simplement déclaré. Comme le rappelle Le Monde, le mangaka a toujours eu un rapport particulier avec l'argent : « L’argent et les choses comme ça, j’ai du mal à me représenter [les sommes]… », avait-il avoué lors d’une rare interview télévisée en 1983 sur Asahi TV.