L’auteur de science-fiction Bernard Simonay est décédé

Joséphine Leroy - 23.05.2016

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Celui qui avait écrit le cycle de Phénix est décédé ce samedi 21 mai, à l’âge de 64 ans. Écrivain du réveil écologiste, attaché au progrès et à la reconnaissance sociale, il avait en horreur la superficialité et l’extrémisme et mettait très souvent en scène des femmes s’opposant avec énergie à la domination masculine. Romans d’aventures, romans historiques ou romans policiers, l’écrivain s’était lancé dans plusieurs genres, même s’il était reconnu principalement pour ses romans fantastiques.

 

Bernard Simonay-Imaginales 2010

(Ji-Elle / CC BY-SA 3.0 

 

 

Né le 2 août 1951, Bernard Simonay a d’abord suivi à l’école un parcours scientifique, comme il le raconte dans une présentation autobiographique pleine d’autodérision publiée sur son site Internet. Il a évité de suivre la voie littéraire, à l’époque dévalorisée, même s’il avait déjà en tête l’écriture : « Je n’avais pas été correctement orienté. J’aurais dû être dirigé vers une section littéraire, mais la section “A” était le parent pauvre de l’éducation nationale ! J’étais pourtant passionné par l’Histoire. Déjà, à l’époque, j’écrivais… Mais je n’en parlais pas. »

 

Après imprévus (maladie, guérison puis mariage), il remet sa carrière en question et revient à sa première passion. Le futur romancier a envisagé, un temps, le cinéma en tant qu’auteur-réalisateur ou scénariste. Mais il ne croyait ni percer dans ce milieu ni être publié pour ses écrits.

 

Pourtant, les idées ne manquaient pas et les références se bousculaient : « Doté d’une imagination galopante, nourrie à la substantifique moelle des romans de Jules Verne, de James Oliver Curwood, de René Barjavel, Robert Merle, abreuvé de westerns, de films d’aventures, de cape et d’épée, d’histoires de pirates, de péplum et autres dessins animés, j’ai eu envie très tôt de faire du cinéma. » 

 

Ses premiers essais romanesques, « parfaitement impubliables » comme il le dit lui-même, précèdent la rédaction du premier roman, futur premier volume du cycle littéraire fantastique de Phénix.  

 

Après 5 ans de travail acharné, l’auteur présente son premier roman de science-fiction, Phénix, aux éditions du Rocher, maison dans laquelle il a publié dix-neuf romans. Mais ce fut la récompense de beaucoup de difficultés, les maisons d’édition prenant vite peur devant les 900 pages du manuscrit. 

 

Dans le parcours du combattant que sont les envois de manuscrits, seules des séries de science-fiction américaines passaient, à l’époque, entre les mailles du filet éditorial : « Plusieurs fois, on m’a répondu : “Ah, si au moins vous étiez américain” ! », rapportait l’écrivain. Les éditions publient ce premier roman en 1986. Il a ensuite été publié par Calmann-Lévy. 

 

Engagé dans la bataille contre le réchauffement climatique, sans toutefois accorder sa confiance aux responsables politiques, l’auteur a toujours eu à cœur de le montrer dans ses romans : La Terre des morts (Cycle des Enfants de l’Atlantide), Le Secret interdit ou encore La Prophétie des glaces (roman policier).

 

L’auteur avait reçu le prix Cosmos en 2000 et Julia Verlanger en 1987.