L'auteur du Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire veut son argent

Nicolas Gary - 24.04.2015

Edition - Justice - Jonas Jonasson - droits auteur - revenus éditeur


Le torchon brûle entre Jonas Jonasson, et son éditeur britannique, Hesperus Press. Le conflit découle de ce que les ventes du livre Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ont été mirobolantes, mais que l'auteur n'aurait perçu qu'une petite part de droits. Moralité, les avocats sont de sortie.

 

 

 

 

Avec plus d'un demi-million d'exemplaires vendus en format papier et 700.000 exemplaires numériques écoulés, le livre a été un véritable carton au Royaume-Uni. « Personnellement, je me sens impuissant. Je ne comprends pas ce qui se passe, sauf que cela représente beaucoup d'argent que je n'ai pas perçu », explique Jonasson.

 

Paru en 2012, le livre avait été acheté à Hyperion, filiale américaine de Hachette Book Group qui détient les droits mondiaux pour la traduction anglaise. Les avocats du groupe Hachette ont saisi Haute cour de justice de Londres pour défendre les droits de l'auteur. 

 

L'agent de Jonasson, Carina Brandt, assure que son client n'a touché qu'une « petite quantité » de droits d'auteurs à l'automne 2012 et rien depuis. « Il a été difficile, ces dernières années, d'obtenir la moindre information de la part de Hesperus Press », ajoute-t-elle. 

 

« Mon ancienne agence, mon actuelle agente, mes avocats espagnols et les avocats américains de Hachette sont engagés [pour réparer] ce gâchis », poursuit Jonasson. 

 

Hesperus Press a manifestement connu une période trouble. Plusieurs employés ont démissionné ces derniers mois – des départs qui n'ont pas vraiment trouvé d'explications, rappelle The Bookseller

 

Or les tensions qui se cristallisent autour de ce dossier commencent à faire paniquer l'écrivain. « Si je veux me concentrer sur mes compétences artistiques, j'ai besoin de me tenir éloigné de tout cela. » Le simple fait de penser à l'ensemble des sommes qui sont en jeu serait à même de lui faire perdre ses moyens, assure-t-il. 

 

D'autant plus qu'il planche à son troisième ouvrage, actuellement. « Je me suis toujours senti fier, quand je songe à la popularité du livre à travers le monde. [...] C'était génial qu'un Suédois puisse devenir si populaire en anglais. Mais c'est un choc mental que de penser à cette expérience et la manière dont j'ai été traité par Hesperus Press. »

 

L'éditeur n'a pas fait de commentaires auprès de nos confrères. En France, le livre avait été publié chez Presses de la Cité (groupe Place des Éditeurs, filiale du groupe Editis), traduit par Caroline Berg.

 

 

mise à jour

Cet article a été publié dans une première version erronée. Contrairement à ce qu'elle indiquait le groupe Hachette est aux côtés de l'auteur contre Hesperus Press.