L'auteure de "True Blood" menacée par ses fans

- 10.05.2013

Edition - International - vampire - série de télévision - true blood


Charlaine Harris, écrivaine de la saga vampirique prouve que la Némésis la plus effroyable de l'écrivain n'est pas la critique littéraire ni la page blanche, mais les fans outranciers. Depuis treize ans et treize volumes, Harris a décrit un univers ou humains, vampires et autres créatures de la nuit vivaient ensemble. Alors que l'adaptation en série continue, l'écrivaine a finalement commis le dernier opus de saga. Mais à quiconque décide d'un heureux dénouement.

 

 

 Et si c'était le choix de la couverture ?

 

 

Menaces de morts, suicide, chantage sur l'annulation des commandes, tout y passe pour faire revoir le jugement de l'auteur qui a pourtant expliqué « avoir écrit le livre du mieux qu'elle pouvait ». À l'origine de l'ire – un peu hystérique de certains fans, les choix amoureux de Sookie Stackhouse. L'héroïne termine ce dernier volume de la Communauté du Sud, Dead Ever After par un choix cornélien entre les suceurs de sang Éric, Bill et le changeur de forme Sam. Trois possibilités, mais une seule réalisable qui n'aura pas plu. Parmi les réactions ulcérées, on pouvait lire « Je vous ai aidé à vous enrichir »

 

Cette fois, le téléchargement illégal est en cause puisqu'un fan allemand de Harris a fuité une version non définitive de Dead Ever After, créant de ce fait une vague de réactions outrées sur la page Facebook de l'auteure, et les fiches du livre sur Goodreads et Amazon.  Sur la plateforme marchande de Jeff Bezos, on peut comptabiliser trois fois plus de notes les plus basses que les meilleures.

 

Si l'écrivaine a déclenché un tel tollé après l'adhésion d'un grand nombre de fans, cela a tout l'air d'être un raté scénaristique dans la conclusion de sa saga. Pourtant, la décision de Sookie de s'engager pour de bon avec un des deux vampires était prévisible en raison du choix restreint des possibilités. En romancière, Harris aura laissé planer le doute et surpris. N'est-ce pas ce qui est demandé à un roman ?

 

Après des semaines qu'elle estime « tumultueuses », l'auteure ne souhaite pas faire de promotion directe avec les fans pour ne pas subir une telle haine. Il faut dire que chacun des billets qu'elle publie sur sa page Facebook est prétexte à un nouveau déchaînement de violence verbale. Avec un peu de recul, l'écrivaine se navre que « des gens contestent mes personnages aussi personnellement ». Du côté de son éditeur, on parle d'une frange du public qui s'est impliquée trop émotionnellement au point de vivre les déconvenues narratives comme des évènements réels.    

 

Déjà l'année dernière, l'annonce du 13e pavé comme fin de la saga romantico-vampirique avait produit des centaines de commentaires comme « Dites que ce n'est pas vrai », « Comment pouvez-vous nous faire ça ? »

 

L'année dernière, comme une intuition, elle espérait ne pas trop « frustrer » son lectorat. Pari raté.