L'autopublication pour contourner le fossé des genres dans l'édition

Julien Helmlinger - 09.03.2015

Edition - Société - Autopublication - Parité des sexes - Fossé des genres


Alors que les militants en faveur de la parité des sexes dénoncent régulièrement un certain fossé des genres au sein de l'industrie du livre, l'autopublication pourrait éventuellement permettre aux femmes de franchir cet obstacle. Selon une étude récemment publiée par le site web communautaire FicShelf : parmi les auteurs indépendants, les femmes tireraient mieux leur épingle du jeu que les hommes. Elles publieraient et vendraient davantage.

 

 

Female Typing

CC BY 2.0 par Adikos

 

 

D'après les estimations de Bowker, la production de titres autopubliés était déjà de 458.000 titres aux États-Unis en 2013, chiffre en hausse de 17 % par rapport à 2012 et de non moins de 437 % par rapport à 2008. Selon l'enquête de FicShelf, la proportion de bestsellers autopubliés et écrits par des femmes serait quant à elle presque deux fois plus importante que dans l'édition traditionnelle.

 

L'étude de FicShelf portait sur les plateformes Blurb, Wattpad, CreateSpace et Smashwords, sans compter les ebooks publiés chez Amazon. Parmi les titres les mieux situés au classement des ventes : 67 % étaient signés par des femmes. En revanche chez Amazon, qui ne distingue pas publication traditionnelle et autopublication, 61 des auteurs figurant au top 100 sont des hommes.

 

Selon FicShelf, l'enquête se veut représentative du marché global du livre autopublié, tandis que les plateformes observées croissent « à un rythme impressionnant ». « De plus en plus de femmes auteures rencontrent le succès via l'autopublication. Il s'agit d'un terrain parfaitement plat », a déclaré Monique Duarte, directrice générale, qui dévoilait les résultats lors de la Journée internationale de la femme.

 

Toutefois, FicShelf rappelle que dans le monde du livre, la reconnaissance semble plus clémente aux hommes, que ce soit parmi les bénéficiaires de la prescription littéraire comme parmi les best-sellers : la liste des 100 romans incontournables aux yeux du Telegraph compte 80 % de titres signés par des hommes, celle des romans préférés du Guardian en dénombre 85 %. 

 

L'auteure autopubliée Alison Morton estime que le fossé des genres reste bien réel dans l'édition. Elle estime qu'aujourd'hui les femmes écrivent, achètent et lisent plus de livres que les hommes, mais que les éditeurs accordent toujours plus de valeur aux bouquins signés par des mâles. Elle est convaincue que l'autopublication est un moyen permettant de contourner cet obstacle.

 

Sur quelque 134 best-sellers autopubliés en catégorie fiction, FicShelfen en a recensé 109, soit 81 %, publiés par des femmes auteures, contre 11 titres signés par des hommes et 14 sans précision.

 

À l'occasion de la Journée internationale de la femme, Fleur Pellerin a par ailleurs rappelé dans un tweet l'écart de salaire moyen entre hommes et femmes dans le secteur de la culture.

 

 

 

(via TheGuardian)