L'Autorité de la concurrence valide le rachat de Gibert Jeune

Antoine Oury - 16.11.2017

Edition - Librairies - Gibert Jeune - Gibert Joseph Jeune - rachat Gibert Jeune


Le tribunal de commerce de Paris avait rendu, le 1er juin 2017, un avis favorable à la reprise de la chaîne de librairies Gibert Jeune par la Financière Palidis, une holding déjà propriétaire de Gibert Joseph, l'autre enseigne du Quartier latin. L'Autorité de la concurrence a écarté tout risque d'atteinte à la concurrence à l'issue de l'opération, annonce un communiqué, malgré des « parts de marché parfois élevées, en particulier à Paris ».


Gibert Jeune
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

Le 15 mai dernier, avant la validation du tribunal de commerce de Paris, l'Autorité de la Concurrence avait accordé « une dérogation à l'effet suspensif du contrôle des concentrations » à Gibert Joseph : pour faire simple, cela signifiait que Gibert Joseph pouvait entamer la procédure de prise de contrôle de l'activité de Gibert Jeune sans attendre la décision d'autorisation, et ce pour éviter la disparition de l'entreprise rachetée.

 

Quelques mois plus tard, l'Autorité autorise la prise de contrôle de l'activité de Gibert Jeune par Gibert Joseph, considérant qu'il n'y a pas de risque d'atteinte à la concurrence à l'issue de cette opération. Gibert Joseph possède 16 sociétés actives dans la vente au détail de livres neufs et d'occasion, de CD et DVD et d'articles de papeterie, rappelle l'Autorité, et exploite 18 magasins physiques, dont 3 dans Paris intra-muros, ainsi que son site Internet marchand.

 

De son côté, Gibert Jeune rassemble 3 sociétés, Gibert Jeune Groupe, Gibert Jeune Rive Gauche et Gibert Jeune Rive Droite, actives dans la vente au détail de livres neufs et d'occasion et d'articles de papeterie, et exploite 8 magasins, dont 7 sur la Place Saint-Michel.

 

L'Autorité de la concurrence estime que l'alliance des deux réseaux, soit 11 magasins dans Paris intra-muros et 15 hors de la capitale, ne crée pas une situation susceptible de nuire à la concurrence. Pour la vente de livres au détail et d'articles de papeterie, l'Autorité assure que la présence des groupes Fnac-Darty, Cultura et Office Dépôt, mais aussi d'« une multitude de librairies indépendantes et de nombreux supermarchés et hypermarchés », équilibrera la balance.

 

“Il faut redresser financièrement Gibert Jeune”

 

Dans Paris intra-muros, l'Autorité estime que l'activité des librairies Boulinier, mais aussi celle des bouquinistes présents sur les bords de la Seine, des bourses aux livres au sein des établissements scolaires et universitaires, des professionnels indépendants et des particuliers qui vendent des livres d'occasion aura de quoi fournit un défi commercial à l'entité formée par Gibert Joseph et Gibert Jeune.

 

Enfin, sur Internet, la présence d'Amazon, Cdiscount, Chapitre.com ou encore PriceMinister garantit là aussi une concurrence saine et l'absence de domination de la part des enseignes Gibert. À ce propos, l'Autorité sous-entend dans une formule sibylline que, « en dépit des différences qui existent entre ces deux canaux de distribution, que les acteurs de la vente en ligne exercent une pression concurrentielle sur les distributeurs traditionnels, au moins pour certaines catégories de produits et pour certains consommateurs ». Une remarque qui pourrait indiquer un changement dans la manière dont l'Autorité de la concurrence examine le marché du livre...