L'avenir, ce sont les crimes du quotidien, ceux de l'histoire (David Peace)

Clément Solym - 11.02.2010

Edition - Société - avenir - crimes - quotidien


Nous faisions étant de la mode qui s'accentue avec le temps de ces polars ou thrillers qui dégoûtait passablement Jessica Man, romancière anglaise.
Chaque psychopathe est plus sadique que le précédent et les souffrances de ses victimes sont décrites avec des détails de plus en plus explicites, comme ces femmes qui sont emprisonnées, ligotées, bâillonnées, pendues ou attachées, violées, découpées, brûlées, aveuglées, battues, affamées, étouffées, poignardées, bouillies (sic ?) ou enterrées vivantes.
Retour aux choses de la vie

Un écho lui est fait alors que David Peace vient de délivrer une poétique du polar, qui repose sur deux éléments simples. Pour ce romancier qui a connu les joies des best-sellers avec sa tétralogie 1974, 1977, 1980 et 1983 ou encore Tokyo année zéro (parus chez Rivages), l'avenir n'est pas à rechercher dans des crimes toujours plus extravagants ou colorés, mais en mettant un accent tout particulier sur les méfaits vécus au quotidien.

C'est en tout cas la démarche qu'il dit avoir adoptée pour ses romans, et bon, ben, force est de constater qu'il ne se trompe pas des masses, explique-t-il à Galley Cat.

« Il y a tellement de choses qui se passent dans la vie réelle que nous ne comprenons pas et que nous ne pouvons même pas comprendre. Je ne vois pas vraiment la pertinence d'inventer des crimes. Le genre littéraire est même un outil parfait pour comprendre pourquoi les crimes arrivent. »

Exemple : Tokyo année zéro s'est inspiré directement des événements survenus dans les années 40 et liés aux meurtres perpétrés par le serial killer Kodaira Yoshio. Compris ?

« Je suis sous le charme quand les écrivains s'emparent de l'histoire, s'appuient sur des crimes réels », ajoute-t-il. Et toute cette démarche repose sur l'expérience de James Ellroy, véritable référence dans l'esprit de David. « Je ne le cache pas. Pour moi le plus grand des auteurs de polars ou policiers de ces 25 dernières années, c'est James Ellroy. [...] J'essaie toujours d'écrire un livre meilleur que celui de M. Ellroy. Je n'y suis pas encore parvenu. Mais je garde espoir. »